Quel bel écrin ce Théâtre du Léman qui accueillait pour la première fois de son histoire une soirée pieds-poings de haut  niveau à tous les points de vue. Du spectacle au combat, Eric Favre n’a rien négligé pour faire de cette première édition un succès dans la salle et sur le ring. Et quelle ambiance ! La proximité du public donne toujours une atmosphère particulière. Tous les boxeurs l’ont bien senti ce qui explique l’engagement qu’il y a eût dans toutes les confrontations. Et Yohan Lidon a pleinement participé à la réussite de ce premier opus en concluant la soirée magistralement.

Lidon revanchard et percutant !

C’était impensable pour lui de ne pas gagner ce championnat du Monde WMC devant les siens. Impensable parce qu’il y avait l’affront de deux revers et quand on connaît Yohan Lidon, on sait qu’il déteste la défaite et encore plus quand elle est controversée. Samedi soir, il s’est montré intraitable face à Vladimir Moravcic. Beau styliste, la différence dans l’impact lui a été préjudiciable. Après une première reprise où les deux hommes se sont testés sans emballer le rythme, les choses se sont corsées dans la suivante. Moravcic tente assez rapidement les coudes mais la garde du français est compacte. Et la réplique cinglante ! Lidon touche durement en poing, Moravcic chute, est compté mais repart au front. Il ne le sait pas encore mais le match est plié. Lidon ne le lâche plus et l’éprouve avec une série lourde au corps pour faire baisser la garde, au visage pour finir le fight. Ecrit comme cela c’est simple mais forcément il avait préparé cela comme il faut. Moravcic s’écroule, se relève tant bien que mal mais ses jambes ne le portent plus. Victoire en 2 rounds pour Yohan Lidon fantastique de réalisme et d’efficacité. L’affront est lavé et le Bucheron et sa hâche sont déjà tournés vers le prochain objectif !!!!

Eric Favre impose sa griffe

Pour cette première à Genève, Eric Favre a imposé sa griffe bien aidé par Carl Emery et Olivier Muller dans cette opération conquête du public genevois. Rien n’est simple dans une ville où pour faire sa place il faut convaincre. La pari est réussi pour Eric qui a su offrir un vrai show au-delà d’un programme explosif et engagé à souhait. Ce premier Fight Legend sera le premier d’une longue série même si finalement le promoteur lyonnais aime travailler de manière très large géographiquement (son premier show de boxe avait été produit à Dubaï).

Karim Bennoui, impressionnant de maîtrise

Il a été bluffant Karim Benoui et c’est encore plus vrai quand vous êtes sur le ring avec lui. Méthodique ! Non, chirurgical est l’adjectif correspondant parfaitement à sa méthodologie entre les cordes. Lukas Mandinec en a fait l’amère expérience malgré une belle entame de match. Bennoui ne cède en rien vraiment rien : les poings sont durs, les jambes sont dures sans oublier cette faculté à s’adapter aux règles. Car pendant un combat, Karim se corrige notamment sur les saisies de jambes interdites dans ce combat. Quelle lucidité ! C’est même ahurissant de voir un tel niveau de concentration. Tout au long du combat, le pressing s’est fait de plus en plus constant pour finalement infligé un knock down à Lukas courageux jusqu’au bout mais face à ce boxeur d’exception qu’est Karim Bennoui ce n’était pas suffisant même si le français n’était pas dans sa catégorie de poids habituelle. Victoire aux points pour le sociétaire de la team Nasser Kacem tout simplement bluffant de maîtrise.

Yoann Kongolo en mode patron

C’était un duel attendu dans cette soirée, un duel qui aurait pu être une tête d’affiche tant le palmarès des deux hommes est conséquent. Yoann Kongolo était chez lui en Suisse ce qui complique toujours les choses dans ce contexte. Face à Abdallah Mabel, c’est sa précision et sa puissance qui ont fait la différence, le français se montrant dangereux avec les genoux tout en étant moins actif que son opposant. Yoann est chez lui et veut bien faire les choses histoires de démontrer que le ring est son domaine en pieds-poings comme en boxe (il boxera prochainement dans les règles du noble art). Kongolo a construit sa victoire patiemment, efficacement pour mieux savourer à la fin de ses trois rounds. Un beau succès pour lui qui mérite plus que jamais sa place dans les grandes productions pieds-poings de la planète.

Jérôme Le Banner, tout simplement

Jérôme Le Banner est et restera à jamais l’icône du Monde du pieds-poings. A 46 ans, il continue à juste titre de se faire plaisir à la salle. Face au polonais Wojciech Tomasz, transfuge du MMA, le normand a rapidement retrouvé sa distance et sa frappe dévastatrice. Sans sa précipiter, il a placé ses contres face à un adversaire un peu perdu parfois et déconcerté par les impacts redoutables. Au finale, trois décomptes auront eût raison de la volonté du polonais qui a proposé à Jérôme Le Banner une revanche en mma. JLB a pu constater plusieurs choses  : son punch était bien présent, ce n’est pas le premier venu qui pourra le battre et le public lui voue un amour indescriptible. Ce qui vaut son pesant d’or pour un boxeur que l’on avait pas vu sur le ring depuis 3 ans.

L’intelligence de Galaoui, le stoïcisme de Kacem, la méthode d’Oumar, le fighting spirit

Le cocktail n’était finalement pas si simple a réalisé. En poussant l’analyse de manière succinct, Eric Favre qui s’est appuyé sur Ahmed Zalegh pour une partie du match making, a pu constater qu’il fallait un melting pot de styles pour connaître le succès avec une soirée pieds-poings. Mohamed Galaoui est un beau styliste, c’est un secret de polichinelle. Et il l’a prouvé encore face au solide suisse Sébastien Fleury. Mohamed a construit patiemment, passant en revue toutes les techniques autorisées sans entrer dans le game plan de son adversaire qui voulait une explication à mi-distance. Belle victoire du meldois, convaincant à souhait dans cette rencontre. Antar Skrabko Kacem incarne l’avenir nous l’avons déjà écrit. Malgré son jeue âge, malgré les bombes en poings distribuées par Mickaël Peynaud, il n’a jamais rien laissé transparaître. Bien au contraire, concentré, il s’est lui aussi montré percutant comme jamais, ébranlant même son adversaire dans la troisième reprise où un décompte n’aurait pas été illogique loin de là. Victoire aux points pour Antar qui a démontré que dans des matchs engagés, il avait pleinement les épaules pour assumer et s’imposer. Kevin Oumar a lui aussi fait preuve de patience face à Henri Burns entreprenant à souhait. Redoutable dans le contre, Kevin a fait mouche au fil des minutes notamment avec ces poings. Dans cette opposition de jeunes boxeurs pros, l’envie a pris parfois le pas sur la raison même si Oumar a su garder la tête froide sans jamais paniquer. Les filles comme souvent ont offert une rencontre débridée. Ludivine Lasnier Sifi et Sonia Dinh ont fait preuve d’un fighting spirit à toute épreuve. Les deux boxeuses ont offert une opposition de styles dans les règles de l’art avec en finalité une victoire pour Dinh jugée plus efficace.

Todorovic et Lopes Da Veiga en un round

Malgré la victoire, Mickael Lopes Da Veiga est reparti de Suisse avec un sentiment de frustration. Il voulait en montré plus mais Marko Milanovic s’est cassé la main en frappant de plein le français avec des crochets larges. C’est bien dommage car ce combat sentait clairement l’explication musclée. Victoire en un round pour le français qui a tout de même démontré quel frappeur il est. Nicola Todorovic a lui aussi été expéditif face au pourtant très solide Kadri Murseli. Après un premier décompte avec un crochet au foie, il abrège la rencontre de nouveau avec ses poings, son adversaire étant incapable de repartir au combat.

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