Slimane Et Talib : Team 100% Passionné depuis 1998

Par Luxo

En Gironde, à Bordeaux et dans son agglomération, des clubs historiques ont œuvré pour leurs sports (Full Contact, MuayThai, Savate Boxe Française) de façon durable. Ainsi, toute une génération a pratiqué un art de combat et de ces structures ont retient surtout le nom des hommes qui les ont fait vivre : Philippe AMAT, James DARD, Stéphane BARRERE, Manu DARMON, Philippe DUCOUTUMANY, Rodrigo ALAMOS, les noms d’enseignants talentueux défilent et certains seront oubliés, qu’ils m’en excusent !
Ceux qui ont eux arrêté de combattre et m’ont marqué sont : BAMBOUKIDI, PEREZ, CERQUERA, PAYS, COURTOIS, BRISSON, CHARGE, MONTAIGNE, OCANA, BECHAR, GINEAU, FAUROUX, MARTINEZ, SEVILLA, MAUREY… D’autres champions comme Albert CHEY ou Willy BORREL ont su trouver désormais d’autres modes d’expression : ils sont devenus des pédagogues passionnés, transmettant désormais leurs savoirs…
Mais bref, ils sont trop nombreux pour tous les citer.
Ainsi, s’il fallait illustrer le propos en mettant en lumière un coach bordelais et son école de combat, Slimane ET TALIB et son club apparait comme le client idéal pour une interview dans LES INFOS DU FIGHT !
Cet homme de coin et de terrain ne craint pas le mélange des styles, même si la Savate Boxe Française est pour lui une véritable « potion magique », une école de formation pieds-poings de haut niveau : irréductible tireur passionné de son sport, il n’a pas la langue dans sa poche et tire un bilan plutôt juste et bien pensé en cette presque fin de saison.
Slimane est un coach reconnu, qui a su faire sa place à la pratique féminine, alors que pour certains c’était encore il y a peu impensable ! Il a du recul sur l’image de son sport, détient des connaissances « in situ » en combat comme en assaut (en tant qu’ex Champion du Monde Assaut en 2002) et assène des vérités comme un piqué au foie ! Ses résultats parlent d’eux même et sa formation est un gage de qualité pour tous, débutants comme pratiquants expérimentés.

Salut Slimane et merci pour cette interview ! Elle parait en MAI, presque en fin de saison 2016/2017. Donc aussi c’est l’heure des bilans, pour toi et ton club ? Que dire à ce sujet ?

Nous avons vécu une année riche en déplacements et émotions sportives. L’équipe des féminines a joué sur tous les tableaux quand cela était possible, donc en Savate Boxe Française et Kick Boxing pour Cyrielle GIRODIAS en -65kg (Championne Elite A en BF) et Capucine HAGART en -48kg(Vice Championne Elite A en BF), et aussi Audrey GUILLAUME en -60kg (demi finale en Elite « A » en BF et Championne de France Kick Boxing classe A).
De façon plus ancienne, j’avais déjà connu de belles étapes au sein de notre club. J’ai en mémoire le parcours brillant de Nadège BRISSON qui a été championne de France et du Monde en Boxe Française en 2007, elle avait un niveau assez impressionnant. Je ne suis pas non plus étranger aux titres de Yacine AHAGGAN que j’ai formé et beaucoup connaissent le parcours de Patrick MADISSE qui continue à boxer en K 1, après avoir été très reconnu en B.F (champion de France Espoirs et Junior, champion de France et d’Europe Elite A). Il a été aussi champion de France en Full Contact en classe A.
J’ai aussi coaché Bryan CHARGE (champion de France et du Monde en Assaut en Savate BF) et David FAUROUX (champion de France et du Monde Junior en Savate BF). Des techniciens hors pair avec un « cardio » à toutes épreuves, c’est un peu ma « patte » qui s’exprime sur ces profils assez complets.

Cyrielle GIRODIAS a rejoint ton école. Elle est une figure marquante de la Savate, membre de l’équipe de France, qui a une belle image et un style marquant. Comment as-tu appréhendé le coaching d’une jeune femme déjà double Championne du Monde ?

J’ai fait avec elle de la même façon qu’avec tous les autres, j’en reparlerais plus tard mais c’est là la force de mon club !
Blague à part, beaucoup ont noté ses progrès en terme d’organisation défensive, j’ai œuvré à sa progression en fournissant un gros travail sur ses frappes en poings. Et vu que le chambrage fait partie de mon dialogue avec mes athlètes, je l’ai surnommé « Mamy » et je la secoue pour exiger le meilleur d’elle-même, pour que « Mamy » reste au top encore quelques années !

Tu as toujours valorisé ta discipline d’origine, la Savate Boxe Française ? Pourquoi ? Et partant de là, comment peux tu présenter ta méthode, pour accéder à de bonnes performances des athlètes de ton team ?

Si tu évoques ma méthode d’enseignement, je suis d’accord avec toi, j’ai une priorité à la transmission de la Boxe Française. Je sais par expérience que la maîtrise du déplacement, du cadrage aussi, permet de monter sur tous les rings, dans presque toutes les disciplines.
Concernant mon club, c’est surtout le fait de la construction d’une équipe soudée, où à partir d’une certaine expérience de ring, le niveau lors des mises de gants est élevé.
Je m’intéresse à tous les élèves évidemment, car ma force c’est la formation de base et de toute façon, dans un club de 150 licenciés, je peux encore donner du temps à tous… Mais très concrètement, je constitue une équipe de compétition habitué à « se faire mal » à la salle. Par exemple, un rude partenaire comme Jean Louis REIX en face de toi durant plusieurs rounds sur un ring, crois moi ça t’impose de te surpasser à l’entrainement !
En plus de cela, chez moi les athlètes sont toujours partenaires d’entrainement, personne n’est idéalisé, personne n’est vu comme « trop beau ». C’est ma façon de remettre tous les jours les sportifs en question, ils sont ainsi toujours en alerte, conscients de leurs défauts et de ce que j’ai repéré chez eux.

Comment t’y prends tu ? Les choses sont écrites, ils suivent un planning précis ?

Je fais avec un outil basique et fiable : moi-même ! C’est presque un choix de vie me concernant, beaucoup d’heures données aux combattants et combattantes, on se voit presque tous les jours voir même deux fois par jour pour certains, selon l’actualité sportive. Je me démène pour jongler avec leurs emplois du temps, le mien, à ce jour c’est ma pratique pour amener des progrès et cela fonctionne pas trop mal.

Quel est l’avenir de la Savate Boxe Française selon toi ?

C’est un sport qui a tout à gagner en apparaissant ailleurs, dans les autres disciplines avec ses athlètes les plus aguerris. J’ai pour ma part un grand plaisir à démontrer l’adaptabilité de mes tireurs sur les rings.
J’ai en mémoire un gala à Villenave d’Ornon où l’on prédisait à mon élève Patrick MADISSE de vivre un cauchemar face à un adversaire venu du Muaythai. Le « K1 » est pour moi une discipline intéressante, car ce soir là, ce fût l’adversaire qui a passé une dure soirée ! Nous avons pu montrer le niveau réel des tireurs de B.F.
Et, au risque de déplaire, je me permets de dire que nous souffrons parfois d’une image «vieillote» or la Savate Boxe Française en combat, c’est dur, ça fait mal et il y a trop peu de choses valorisantes à vivre pour nos athlètes… Il va falloir sérieusement s’interroger sur nos systèmes de fonctionnement, l’absence de primes lors des championnats est-elle encore entendable ? En tout cas, le format « Savate Pro » semble intéresser le public, moi cela me parait être la meilleure façon de garder nos athlètes et de se croiser sur le ring avec les autres écoles de combats.
Sur ta question, je rappelle que le nombre de compétiteurs masculins baisse selon moi, en effet en B.F il existe une vraie exigence technique, personne ne peut penser faire de la compétition avant deux années de pratique… Cela pose moins question chez féminines qui sont plus patientes et ont moins tendance à « fuir » vers les autres sports de combats. Je n’ai pas de solution mais je pose le constat. On a besoin d’opposition pour maintenir notre niveau, si les combattants se font plus rares, comment fera-t-on ?

Pour ton club, quelle est son actualité et les projets à venir ?

Tout gagner et répondre présent dès que l’on est disponible, prendre du plaisir et survivre budgétairement au niveau du club pour assurer des déplacements devenus parfois « périlleux », sur tous les plans. En effet, cela devient hyper compliqué d’assurer la charge humaine et budgétaire, sans aucune aide fédérale pour nos frais kilométriques, les clubs payent tout. Je ne te parle même pas du manque de reconnaissance pour les coachs qui passent leurs week-ends sur les routes.

Le mot de la fin aux combattantes du team Slimane

Cyrielle Girodias

 » A mon arrivée à la Team Slimane, j’appréhendais un peu de ne pas « accrocher » avec l’ambiance de mon nouveau club. Cela faisait 10 ans que j’étais à Levallois, que je connaissais tout le monde et que j’avais mes repères là-bas (bien que cela faisait longtemps que je ne m’y sentais plus à ma place).
Dès le premier cours à Bordeaux, Slimane m’a mise à l’aise, il était derrière mon dos dès le début de l’entrainement. Je me suis d’abord dit « c’est le début, il veut bien faire les choses, il finira par se lasser de me regarder boxer. J’en avais pris plein la tronche à ce premier cours, car contrairement aux autres boxeurs, j’avais vraiment une anglaise très « limite ». J’ai donc perdu pas mal de neurones durant les 5 premiers mois car on travaillait pas mal les poings, contrairement à ce que je faisais auparavant lol
Dès le début je me suis sentie à l’aise dans ce club, autant vis à vis des boxeurs que du coach. Il faut dire qu’ils m’ont tous vraiment bien accueillis. Et je me suis facilement intégrée à leur Team au final : c’était pour moi une vague de renouveau, ça me faisait du bien au moral de changer d’environnement sportif. Capucine AGARD préparait elle aussi les Elites A, on s’entraînait dur toutes les deux, puis Audrey GUILLAUME est arrivée plus tard dans la Team. Slimane nous faisait des entraînements sur mesures vue nos emplois du temps respectifs. Aujourd’hui encore nous faisons des leçons à la carte, c’est vraiment appréciable d’avoir un coach aussi disponible, consciencieux, à l’écoute  et soucieux du bien-être de ses Athlètes.
Surtout qu’entraîner des féminines, c’est encore plus compliqué pour un coach, « Slimane et ses drôles de Dames » ! Heureusement, nous nous entendons tous les 4 très bien : on rigole tout le temps, que ce soit au quotidien ou lors des déplacements en compétition. Et cela n’enlève en rien notre sérieux et notre professionnalisme. Nous n’en oublions pour autant jamais notre but ultime : GAGNER ! « 

Capucine AGARD

 » Une des qualités des qualités de Slimane, qui explique pourquoi ça fonctionne si bien au club, c’est sa patience…Pour entraîner des filles, il faut cette qualité, on peut être très chiantes, il faut le reconnaître ! Autre point essentiel, c’est la communication : on se dit les choses, ce qui va et ne va pas. Ce n’est pas toujours facile à entendre, ça peut entrainer des nuits blanches mais cela nous fait avancer ! « 

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