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«Paroles de…nakmuay» (Episode 3) Portrait de Gafary Boussari

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Par Luxo 

Photos Yann LEVY, droits réservés

Autant le dire clairement, il y a des interviews qui font plaisir, celles que l’on met du temps à négocier alors que l’on sait le vécu et le savoir faire du concerné ! En voici une, avec un personnage reconnu mais très discret du MuayThaï français, dont la devise pourrait être « Pour vivre heureux, vivons cachés »…

Ancien compétiteur de haut niveau, il fut un redoutable « fimeu », qui réfléchissait sur un ring et prévoyait tous les schémas tactiques en tant que combattant. Il n’en dirait rien lui-même, donc un petit listing pour les anciens que cela intéresse : Champion de France 2001 classe C, Champion de France 2003 classe B, Ceinture de Champion d’Europe classe A Professionnel ISKA (face à Mohamed Rahaoui), Champion de France 2007 classe A, le garçon sait « un peu » de quoi il parle… En faisant de ce qu’on appelait « Boxe Thaï » son métier, il a entretenu sa passion au fil des ans avec du style, une certaine éthique et un goût prononcé pour ce que l’on ne doit qu’à soi…Loin des petites batailles fédérales, il conduit l’une des meilleures écoles de muaythaï en Sud Ouest et revient sur son parcours pour LES INFOS DU FIGHT.  Si Gafary n’est pas un conteur d’histoires, j’espère que son récit de 15 ans de route au sein du MuayThaï français saura vous séduire !

Crédit photo Yann Lévy

Salut Gafary et merci pour cette interview !  Comment as-tu construit tes premiers pas dans ce sport ? Peux-tu décrire tes premiers pas dans les sports de combats ?

Cela doit remonter à l’année 1994 je pense, je n’avais aucune autre prétention que celle de suivre mes potes, et je voulais arrêter le football car patauger au mois de Février dans la boue, ça commençait à me fatiguer ! Nous étions alors un petit groupe d’amis et à l’époque, nous étions dingues de rap, de DJ, de break dance, de graffiti, de beatboxing…. De vrais passionnés de Hip Hop, tu le vois ! Et je dis souvent que nous aimions rajouter le sport de combat comme « 6ème discipline du Hip Hop ». Nous étions alors très liés à Jean Carrillo, un entraineur pionnier en région toulousaine, qui a formé certains d’entre nous. C’était les prémices des combats à l’encadrement sportif et médical disons « sommaire »… Nous étions alors dans une pratique d’un Kick Boxing un peu amélioré, mais j’adorais cela et je pratiquais alors sans trop me prendre la tête ! Mes potes étaient quant à eux de vrais artistes du graffiti, dont certains au sein de la Truskool ont fait et continuent une belle carrière ! Aussi, pour ma part, j’ai peu à peu réalisé que j’avais peut être trouvé un secteur où je pourrais briller…Mon approche était assez classique, je boxais et si cela marchait, je continuais l’année suivante. La salle du Royal Boxing permet aux combattants d’endosser le rôle de professeur, comme Pascal Castet, combattant classe « A » en -75 kg, ici à gauche sur la photo

A partir de quel moment t’intéresses-tu à la Boxe Thaïlandaise ?

En Kick Boxing, cela a plutôt bien fonctionné. Après le départ de Jean Carrillo de TOULOUSE, j’ai suivi mes amis Freddy, un garçon doué en kick boxing et d’autres potes (les frères Bastie, Mourad Righi, David Rogelet…), dans un club qui a alors fait venir Veera Chalunlap à Toulouse. Cela devait être en 2000 et les locaux étaient sympas, on formait une belle équipe autour de ce grand nakmuay, qui a été dans le top 3 des Stadiums de Bangkok ! On était déjà installés dans le quartier Saint Cyprien, où je vis et enseigne encore aujourd’hui. Là, j’ai découvert l’étendu du muaythaï et sa palette technique, j’ai alors décidé de me donner à fond et de ne me consacrer qu’à cette pratique. J’ai essayé de développer un style propre, technique, où les genoux et le clinch avaient une grande part.

De ton parcours de combattant, que doit-on retenir ?

Moi je retiens surtout l’exigence des séances que nous nous imposions, on s’entrainait de façon régulière et sérieuse, un peu «  à la thaï ». J’ai mis à profit mes voyages en Thaïlande pour observer et conserver ce qui me paraissait pertinent. Sur l’exigence, pour franchir des étapes dans une formation, j’ai surtout compris qu’il ne fallait pas brûler les étapes, cela m’a servi à l’époque puis dans mon métier d’éducateur sportif, on en reparlera … Sur mes combats, ce n’est pas à moi d’en parler, mais les combats en Belgique contre des hommes de valeur m’ont marqué ! J’ai beaucoup de respect pour le très dur Mohamed Rahaoui, que j ‘ai boxé et battu mais qui était un des grands espoirs belges et était reconnu comme un grand combattant. Sinon mes combats contre Kamel Hachmi (la « foudre » de Moucron), Willy Borrel, Mickael Piscitello, Adel Louail, Kadda Redouani, Ilya Grad, Karim Bezzouh, ce sont tous de bons souvenirs…au delà de la victoire ou de la défaite!

Par la suite, au contact d’une équipe de passionnés, tu participes à ce qui reste encore ton team aujourd’hui, peux tu nous en parler ?

Cela reste une grande aventure humaine, où des personnes ont donné de leur temps avec l’idée de former des combattants typiquement « muaythaï », même si nous n’étions pas fermés à la pratique ponctuelle d’autres disciplines. Il sera dur de tous les citer mais Olivier Ok, Sana, Philippe Baudron, Mourad Righi, Kada Bouamama, les frères Bastie, Pascal Castet (qui continue à boxer et enseigner au club), Boubacar Saouwera… Nous avons ouvert un club qui accueille en moyenne 300 licenciés par an, et nous formons des jeunes athlètes en étant attentifs à ce qu’ils sont humainement et professionnellement.

Ci-dessus :    Kada Bouamama est un grand nom du muaythaï français, il a disputé les championnats version IFMA à plusieurs reprises et a ainsi rivalisé avec le plus haut niveau mondial.

En quoi te considères-tu davantage comme un éducateur sportif que comme un coach de Boxe ?

Parce que je me fous littéralement des résultats sportifs si je n’ai pas pu faire avancer l’homme. Je peux te donner des exemples précis, avec le très doué Kevin Kandem, qui était un pratiquant appelé à un bel avenir en tant que nakmuay, il avait boxé et battu l’excellent Susperregui dont tout le monde connait les qualités.  Et bien ce garçon n’a aucun regret, il a priorisé sa vie familiale et professionnelle, alors que crois moi, il aurait pu aller bien plus loin. On notera aussi que notre école de muaythaï a la particularité de ne pas conduire un combattant en classe « A » tant qu’il n’a pas tout remporté dans les niveaux inférieurs. Donc oui, ça semble exigeant et un peu rigide, mais l’équipe actuelle est plutôt fière de voir passer les anciens au club, qui ont bien réussi et ce sur tous les plans ! L’autre exemple de Kada Bouamama, qui n’a pas eu la reconnaissance liée à ses très bons résultats sur les compétitions internationales IFMA, est bon à citer : cet athlète a vécu le plus haut niveau en muaythai, tout en continuant ses études en informatique. Je pense qu’il est aussi fier de son job actuel que des médailles obtenues, et crois moi, boxer des mecs comme Artem Levin en ne s’entrainant que 4 à 5 fois par semaine, ce n’est pas donné à tous ! Ma seule ambition est en réalité de fournir un même suivi, au débutant qui apprend à mettre un middle kick correct, qu’au jeune passionné qui vaut à tout prix faire du combat. Si cela fait de moi un prof atypique, pas de problème, j’accepte !

Dans le contexte fédéral actuel un peu insondable, où peut-on te situer ?

Je suis surtout engagé aux côtés de mon sport, dans sa pratique amateur et des régions du Sud-ouest sous-représentées au niveau national, pas d’une fédération en particulier ! Néanmoins, il est vrai qu’avec Larbi Benattia, auquel on peut reconnaître une ténacité réelle, j’ai été sélectionneur et coach IFMA et j’ai participé à des sélections pour la FMDA. Je continue à œuvrer au sein de l’IFMA pour des sélections nationales, parce que je valorise le format amateur du muaythai, que je connais pour l’avoir vécu sur le ring en 2007.

Mais quels sont tes conclusions sur les querelles fédérales qui empêchent le muaythai français de prendre son essor en France ? Quels sont les acteurs que tu valorises, toi qui œuvre pour le muaythai dans ton club de longue date ?

Que dire ? Peut être que l’on a le Muaythai qu’on mérite ? Le manque de rigueur en compétitions, dès le plus jeune quand on pratique en assaut, les passes droits sportifs que certains obtiennent pour des motifs politico-sportifs qui me dépassent, c’est là de simples exemples de nos lacunes, et je m’incluse d’ailleurs dans ce constat un peu sombre… Je relève juste, pour répondre à ta deuxième question, qu’il est étonnant de ne pas savoir utiliser les compétences là où elles sont, je m’explique… Sur la seule fonction de coach, des gens doués ont fait beaucoup, je pense à des personnes comme Rodrigo Alamos, Nasser Kacem, Xavier Vacaris…ils y en a plein d’autres. Cela me parait curieux de voir qu’on pas pu faire bénéficier les équipes de France(quelque soit la fédé !) de leurs savoir-faire ou qu’ils ne se soient pas tout simplement proposés peut-être ? Il s’agit toujours des intérêts partisans, d’histoires d’égos, alors que le collectif devrait primer !

Pour clôturer cet article, ce seront les élèves et combattants reconnus de la team « Royal Naresuan Boxing » qui donneront leur point de vue sur le coach Gafary BOUSSARI :

Kada Bouamama : Champion du Monde IFMA (Bangkok 2010) classe B, Finaliste Championnat d’Europe EMF 2011 classe A – 81kg

« Gafary était vraiment un boxeur très fort, plein de ruses et de techniques. Il a battu des boxeurs de très haut niveau, sans jamais le mettre en avant, une humilité qui est un exemple. En tant que coach, il s’investit beaucoup pour les jeunes et la toute nouvelle génération. C’est aussi un coach qui a très souvent le mot juste. Le Royal Boxing ? Pour certains d’entre nous,  c’est une 2ème maison, un repère ».

Pascal Castet : champion de France 2004 et 2005 classe B, Champion de France FMDA 2010 classe  – 75 kg.

« Gafary était un bon gaucher, tactique dans sa boxe et il aime ce qu’il fait désormais en tant que coach, où il s’occupe beaucoup de l’école de Muay, en boxe éducative. Pour les plus anciens, nous sommes dans ce club depuis une vingtaine d’années, le Royal Boxing nous a beaucoup apporté. »

Bouba Saouwera :  Finaliste FMDA 2009 classe B, Finaliste FMDA 2010 classe B – 67 kg

« Gafary était un boxeur très technique, avec un coup d’oeil de fou. Un boxeur complet  avec une technique de corps à corps dont lui seul connait le secret. Il apporte beaucoup au sein du club, autant techniquement qu’humainement. Il nous transmet sa vision de la boxe et des valeurs universelles. Je peux conclure en disant que le club du Royal m’a apporté le sens du respect des autres, l’humilité et le goût de l’effort ».

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Villejuif Boxing Show : Pascal Arène sait ce qu’il veut !

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C’est un homme passionné qui propose le Villejuif Boxing Show le 15 mars à venir. Pascal a la passion du ring et des boxeurs à tel point qu’il fait de son engagement un vrai sacerdoce. Représentant de la WMC en France, il n’en oublie pas son rôle de coach et celui de promoteur. Malgré un emploi du temps chargé à souhait et à quelques jours de la soirée, il a répondu à nos questions dans une entrevue exceptionnelle.

Pascal Arène et Xavier Lafaye (arbitre international WMC)

Comment ça va ? Ca va bien Jérôme, très bien.

Où en es-tu à quelques jours du Villejuif Boxing Show ?  On est en plein boulot, c’est la dernière ligne droite, les derniers réglages, entre l’organisation et la fin de préparation de nos boxeurs.

Le main event est le jubilé de Bakari Tounkara face à Karim Benmansour. Quelle est ton histoire avec « Bak » ?  Tout d’abord, je tiens a remercier Karim d’avoir accepté ce combat, c’est toujours difficile pour un entraîneur qui est a la fois le promoteur d’un gala de préparer la fightcard et encore plus quand il s’agit du dernier combat de son premier grand champion.
Mais avec la belle et longue carrière de Bakari, je ne pouvais pas présenter au public un combat contre un faire valoir, il fallait un champion, un champion avec des valeurs. Karim correspondait a ce que je recherchais et il était disponible.
Ils se sont déjà rencontrés tous les deux, c’était un très beau combat, je suis certain que cette revanche et donc ce jubilé sera sensationnel.
Bakari est avec moi depuis qu’il fait des combats au KO, aujourd’hui son palmarès affiche 115 fights, cela fait plus de 20 ans !
On s’est construit ensemble, lui en tant qu’athlète moi en tant que coach ! Bakari a boxé sur les plus grands plateaux Français, les Bercy de l’époque du grand Canal+ et de Samy Kebchi, les TK2 de Aix… et voyagé dans de très nombreux pays et pris
des titres, des ceintures, des médailles, jusqu’au SportGames à Pékin. On a gagné, on a perdu mais on s’est toujours régalé. On a pris du plaisir et c’est cela le plus important comme ce magnifique gala Ile-Maurice Vs France avec Johnny Halliday en parrain de la soirée avec nous dans les vestiaires !

C’est un événement où dans tous les combats il y aura un boxeur de ta team, l’Academies des Boxes de Villejuif. Ca te tenait à coeur de promouvoir les membres de ton club ? C’est clair, nous avons une grosse team, mais il nous manquait notre gala, chez nous a Villejuif. Je tiens a remercier Monsieur Le Bohellec Maire de notre commune pour son engagement à notre côté, sans son appui le VBS n’aurait pas vu le jour.
Je remercie également nos deux élus aux sports et les Services de la Jeunesse et des Sports et de la Communication pour l’énorme travail et soutien qu’ils nous ont apporté depuis le début de l’organisation de ce grand gala International.

Quelle relation il y a entre toi et les membres de ta team ? C’est un lien fort essentiel dans ton fonctionnement ? Nous avons une relation forte entre entraîneurs et boxeurs, pour moi je dirais même qu’elle est essentielle.
Avec l’ensemble du staff de l’Académie, messieurs Sidy Koné, Laurent Lutz, Samake Tomboron, Florent Guilon, Mamadou Diambang et Flavien Granet nous veillons à conserver cet état d’esprit. Nous sommes un club formateur, une famille d’ailleurs après le départ de notre président historique Francis Hamdaoui, c’est son neveu Jeremy qui a pris la présidence.
Les Berthely, Reine, Kébir, Saoudi pour ne citer qu’eux ont étés formé chez nous et sont encore là, des années et des années après…c’est cela notre force. C’est aussi ce que nous voulons transmettre. Nos coachs aussi sont d’anciens compétiteurs de notre team, ils ont choisis de rester, de passer leurs diplômes et de continuer le boulot.

Tu restes néanmoins un coach exigeant. C’est une qualité fondamentale pour amener des boxeurs au plus haut niveau ? Oui l’exigence et la discipline, sans ces 2 éléments tu ne peux pas avoir de très bons résultats, c’est même impossible. La boxe demande beaucoup, de sacrifices, du temps, de la souffrance mais au bout c’est tellement beau que cela mérite de les faire, mais il faut avoir faim !

Quel est le rôle le plus dur : coach ou promoteur ? Promoteur tu montes un plateau, une organisation, tu as une date, un objectif, tu bosses dessus et une fois que c’est fait tu souffles.
Coach c’est un engagement, tu as des boxeurs à faire évoluer qui ont confiance en toi, tu les accompagne dans leurs choix, dans un moment de leur vie plus ou moins long mais pendant cette durée tu vies avec eux. Tu les vois plus que ta famille et eux la leur ! C’est autre chose…

Quel est ton but avec le Villejuif Boxing Show ?  Mon but avec le Villejuif Boxing Show est de donner à nos boxeurs un gala à la hauteur de leur team, de notre Académie et de permettre comme le souhaitait également Monsieur Le Maire aux Villejuifois de voir leurs champions boxer à domicile.

Quelques mots pour finir ? Pour terminer Jérôme, je tiens a remercier ceux qui ont toujours étés à nos cotés, et j’ai une pensée pour ceux qui ne sont plus là. Merci à l’ensemble de nos partenaires et je vous donne rendez-vous le 15 mars. Nous sommes déjà à guichet fermé mais pour ceux qui ne peuvent assister à notre gala Canal+ notre diffuseur proposera un premier passage le mercredi 20 mars.

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Matthias « The Fire » Riccio

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Par Luxo . Crédit photo : Facebook de Matthias Riccio avec son aimable autorisation 

Pionnier du MMA français, enseignant, compétiteur dans l’âme et toujours prêt pour un défi sportif, sa parole fait autorité car il transpire sur les tatamis et les rings du Sud-Ouest depuis plus de 20 ans… et n’est pas prêt de s’arrêter.
Fort de sa gouaille, de son verbe haut mais surtout de sa posture d’expert du combat sous toutes ses formes, Matthias se prête pour fightinfos.com au jeu de l’interview, après un titre mondial en Jiu Jitsu aux côtés de son coach et compère Thomas Loubersanes.

Salut Matthias ! L’interview publiée en 2017 te donnait la parole sur des thèmes divers, ton parcours et celui de ton frère Damien, ta vie de coach et ton point de vue sur les sports de combats en France … Alors, quoi de neuf en cette fin 2018 ? Pour un homme qui comme moi rajeunit à vue d’œil, tout est neuf !
Depuis le gala-hommage à mon frère Damien, en Avril 2017, j’ai opéré un léger « délestage » de quatorze kilos… Durant cet évènement hautement symbolique, j’avais repris un kata qui m’avait valu un titre de champion de France de Karaté par le passé, ma sœur l’ayant appris aussi, nous avions traversé cela avec nos valeurs martiales, en famille.
J’avais par contre remis les gants « au talent » et avec tout le respect dû à mon partenaire ce soir là, j’avais boxé sur mes acquis…. tout en ayant peut être conscience d’un chemin restant à mener pour retrouver ce que je suis aujourd’hui.
Après, sur le plan personnel ou en terme de résilience, il y a eu du bon et aussi du mauvais, ce gala a consacré mon besoin viscéral d’échéances pour me prendre en main.
J’ai par le passé stoppé ma carrière à 27 ans et aussi étonnant que cela soit pour les non initiés au combat, j’avais en moi l’idée qu’à 40 ans, mon lien avec la situation d’opposition n’était pas fini !

Quelle forme cela a-t-il pris, concrètement ? Par des choses peu connues ici mais qui m’attirent, au Pérou et dans un voyage axé sur le chamanisme. Ce voyage a clôturé une période de deuil très dure, un cap à passer par rapport à l’évolution de la relation avec mon frère, dont la présence dans tout ce que je fais est une évidence.

Quelles conséquences au retour en France ? Des changements majeurs comme l’arrêt du travail de nuit par exemple et la mise en œuvre de projets divers, liés au sport sous toutes ses formes en tant qu’enseignant de Kick Boxing/ K.1 ou MMA. Parallèlement, en tant que pratiquant, je suis au cœur d’une étape de vie pressentie mais inespérée : mon retour en compétition en Jujitsu brésilien, où je redeviens « élève », en quelque sorte.

En quoi cela est-il possible et pourquoi à Toulouse ? Du fait d’une belle connexion humaine et sportive avec Thomas Loubersanes, un coach et pratiquant de haut niveau qui me malmène sur les tatamis et qui à 38 ans défie les plus jeunes en toutes catégories (et leur met des branlées d’ailleurs !).
Ce garçon m’a mis sur les rails d’un projet compétitif, en l’occurrence le championnat d’Europe de JJB à ROME en Avril 2018, en me poussant vers le haut et en constituant une belle équipe autour de lui et de son maître de Luta Livre (Roberto Leitao, légende vivante de ce sport au Brésil).
Ce dernier était présent suite à l’invitation de ses élèves français et retrouver la compétition dans ce cadre était parfait, sous le regard de Thomas qui m’a très bien coaché. Maître Leitao, du haut de ses 82 ans a insufflé un mental de vainqueur à tous…
Le résultat a dépassé nos espérances avec 19 médailles pour la délégation (essentiellement) toulousaine, et dans mon cas de belles sensations qui donnent envie d’aller plus loin.

Thomas Loubersanes et Matthias Riccio

Peux tu préciser les choses sur les compétitions de ROME puis aux USA il y a peu ? Il faut imaginer d’où je viens et mon style initial, qui valorise l’esprit guerrier et la recherche du KO, initialement…
En JJB, cela marche peu, il faut marquer des points et soumettre, c’est un renouveau complet pour moi que d’approcher un sport aussi tactique et d’admettre que parfois le passage en force ne marchera pas !
A Rome, j’ai entamé le plus mal possible les choses dans ma catégorie (Master 3, Ceinture Violette, de 41 à 44ans, en -97kg), j’ai essuyé une vraie raclée devant le champion d’Europe en titre en voulant passer tout en puissance, en m’échauffant trop… J’ai vraiment subi un déclic, en voyant l’aspect vain en JJB de mon approche, toujours trop liée à mon vécu en MMA ou Kick Boxing.
Suite à cela, Thomas a choisi de m’inscrire en « toutes catégories » et j’ai eu la chance de pouvoir prendre ma revanche contre le même adversaire que j’ai cette fois bien battu. Au tour suivant, contre un italien de 130kg, j’ai aussi vu que j’avais de belles attitudes et de la tonicité à revendre, qui me sera utile très bientôt.
En effet, après trois mois d’entrainement, j’ai su performer à Rome ! Donc, cela a guidé nos pas pour la suite : après une préparation intense en Thailande, nous sommes partis aux USA début Décembre 2018, en Californie pour les mondiaux de l’IBJJF.
Dans ma catégorie (Master 3 / Ceinture Violette), je finis champion du monde. Thomas lui est classé n° 5 mondial dans la catégorie reine (Adulte, Ceinture Noire Poids Lourds), il réalise un authentique exploit. L’objectif est atteint pour nous deux.
Cela nous engage à nous frotter aux meilleurs mondiaux, aussi nous irons en Février 2019 à SAN DIEGO où s’entraîne l’équipe ATOS, classée n° 1 mondiale. C’est là que nous comptons progresser, encore et toujours !
Cela me motive et m’engage même à revenir en MMA en 2019, voilà le scoop que je peux confier, sans entrer dans les détails pour l’instant…

Que retires-tu de ton actualité sportive ? J’y vois du sens sur le plan de la continuité d’une force, sur la nécessité d’effacer ma dette et sur ce que j’ai véhiculé pour ceux qui connaissent les Riccio.
De façon plus globale, pour les fans d’arts martiaux et de sports de combats, je sais que la vérité ne se trouve qu’en se mettant personnellement en question.
Car pour moi comme pour mes élèves, nous sommes notre seul et unique adversaire.
J’établis ainsi lorsque je rencontre les gens dans les salles où j’enseigne une forme de « bilan » initial : comprendre ce dont il a besoin et l’amener à la découverte de lui-même.
Cette formule n’est pas une vue de l’esprit, cela s’éprouve au quotidien, sur vos rings, vos tatami, devant vos sacs de frappe… Et à chacun de définir son exutoire, pour ma part la recherche de KO en était un, à chacun de visualiser sa part.

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01 juin 2019

Nuit du KBP 2

Complexe sportif Paul de Vivie, Pernes Les Fontaines, 391 Avenue René Char, 84210 Pernes-les-Fontaines

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