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«Paroles de…Free Fighter» (Episode 5) Rencontre avec Matthias « The Fire » RICCIO, pionnier du MMA français.

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mathias-portraitEn mémoire de Damien Riccio

Par Luxo . Droits réservés photos : Antoine MARESCAUX . Photos « combat » Facebook Mathias Riccio

Les Infos Du Fight continue son tour d’horizon des sports de combats français. Cette série de reportages met en lumière des personnages hors normes, des combattants/coachs/promoteurs et jeunes champions, qui œuvrent pour le développement des disciplines de combat.

Et si «la vie est un combat», comme beaucoup se plaisent à le répéter dans ce milieu, alors Matthias RICCIO est bien en vie ! Souriant, « chambreur » au besoin mais aussi capable d’un vrai recul sur lui et sa pratique martiale : il sait ce dont il a hérité et y reconnait ses valeurs sportives. Pour ceux qui le croient hâbleur, je garantis aux lecteurs qu’un contact en vue d’interview n’a jamais été si simple, franc et direct qu’avec ce bonhomme, récemment meurtri par le décès de son frère Damien.

Là où nous cherchions un connaisseur passionné de M.M.A, on rencontre un petit peu plus. Cette soif de vivre et de résister à tout est peut être l’apanage des grands combattants ? Matthias s’applique désormais à transmettre sa flamme à ses élèves. Voici « The Fire » en interview, avec les photos d’Antoine MARESCAUX.

Salut Matthias et merci pour cette interview ! Quel est ton vécu pugilistique exact ? En Karaté et dans d’autres disciplines, quel a été ton parcours de combattant ? 

J’ai commencé le KARATE à l’âge 6 ans, sous la direction de mon père ! Réputé « dur » voir caractériel, mon père enseignait un Karaté traditionnel aussi violent qu’efficace. Il laissé une empreinte indélébile à tous ceux qui ont eu l’occasion d’être de ses élèves. Avec ses enfants, en l’occurrence mes 3 frères aînés, ma sœur et moi même, il était encore plus rude et intransigeant ! Nous étions 5 karatékas et…il ne voulait que des champions !

En karaté, nous l’avons pratiquement tous été au niveau national, trois d’entre nous au niveau Européen, et l’aîné Laurent au niveau mondial. Nous étions des techniciens et nous excellions en Kata, pas vraiment en combat, car bien trop violents et durs pour ce type d’affrontement : en effet, le karaté compétitif se pratique à la « touche contrôlée », ce qui différait totalement de notre vision du combat.

Je me faisais, moi, très souvent disqualifier pour coups portés trop forts et donc, nous avons pris tous les podiums nationaux en kata. En forme de grand souvenir familial, le championnat de France « Kata » en 1995 à COUBERTIN : sur 12 places de podiums possibles ; 3 minimes, 3 cadets, 3 juniors, 3 seniors Il y eut 4 places prises par un des frères RICCIO, dont 3 titres de champions : je gagne en Cadet, Damien gagne en Juniors, Laurent gagne en Senior, suivi de Christophe sur la 3eme place ! Imaginez un peu, un tiers des places furent occupées par un RICCIO, 3 titres sur 4 furent remportés! Et on peut imaginer que c’est parce qu’aucun RICCIO n’était en âge d’être minime lol!

mathias-familleL’année d’après fut curieusement bien plus compliquée bien que nous ne fussions pas moins bons! Au contraire le senseï (Dominique, mon père) perfectionnait sans cesse son enseignement! Mais on se faisait accrocher par des athlètes moins performants, voire battre (suite à une égalité de notes, qui déclare l’un ou l’autre vainqueur)  par nos propres élèves, c’en était presque flatteur lol!

Ça peut se comprendre ça faisait presque de 20 ans que les Riccio raflaient tout, je suppose qu’il était temps (et surtout le Moment « M ») pour stopper l’hémorragie RICCIO dans le milieu fédéral ?

Quoiqu’il en soit, nous avons avec mon frère Damien fait alors la découverte des premiers « UFC » à la télé! De véritables shows, empreints de « vérité ultime », le M.M.A arrivait dans le monde, au moment où la fédé de Karaté en avait marre de nos « performances dérangeantes » et commençait à nous saquer! Mais là, aubaine : c’était du VRAI COMBAT !

Damien et moi, nous avons tout arrêté en Karaté du jour au lendemain! 

Avec le recul, on comprend qu’avec d’autres pionniers du MMA français, vous êtes dans une recherche sportive bien particulière, comment décrirais-tu cela ?

L’envie de remise en question était là, j’ai alors commencé la lutte, le Kick boxing, le Pancrace, et la boxe anglaise.

Nous allions pouvoir combattre et être appréciés  par et pour nos victoires, plutôt que de déranger  dans un microcosme fédéral à force de gagner ! Et surtout là, dans ces formats de compétitions « Free fight », et bien … quand tu es moins bon: tu perds! Quand tu es meilleur mais que tu fais une petite erreur, tu peux aussi perdre face à un moins bon, mais tu es SEUL responsable! 

Tu n’es plus la victime de juges arbitres, qui ont aussi des élèves à faire gagner, quitte à les  y aider en saquant le champion, et qui de surcroit n’ont pas à l’époque un dixième de notre niveau. Ce « moment de vérité » comme il est dit dans des films, c’est uniquement dans mes combats de M.M.A que je l’ai ressenti !

mathias-familleLaurent a lui continué une très belle carrière, mais Damien et moi (alors tous 2 membres de l’équipe de France Kata Espoirs, soit la relève des seniors dont Laurent était capitaine), nous avons tout stoppé. Inutile de t’expliquer la claque que j’ai mangé en découvrant tous ces sports : je n’étais plus le meilleur et même loooooooooooin de là (lol), même si mes bases de karateka m’ont facilité l’apprentissage et donné de bonnes aisances! Mais j’ai pris des volées, au début dans tous ces sports, une excellente leçon d’humilité !

Puis, nous avons démarré le Pancrace en 1996, j’étais « pro » en SHOOTO au Japon en 2000, cela c’est enchaîné assez vite pour moi : j’ai été champion d’Europe de Kick boxing en Espagne, j’ai gagné la première ceinture mondiale du CAGE WARS en 2002 et j’ai été champion du monde « Ultimate Combat » en 2004.

J’ai fait des combats un peu partout (une trentaine) et dans tous les styles, même poings nus parfois ! En fait j’ai toujours accepté tous les combats, prêt ou pas, remplacement de dernière minute très souvent, face aux meilleurs mondiaux aussi !

Belle affaire pour les promoteurs, je savais pas me vendre et puis j’aimais trop cette adrénaline ! Ma carrière s’est arrêtée assez tôt en 2005 à seulement 27 ans, parfois la vie décide à ta place…

Comme tu peux constater, c’est quand même le Karaté « style RICCIO » qui a formé mon être de combattant. Et paradoxalement, je pense que ce sont les katas qui ont fait de moi un bon et dur combattant ! J’en ai repris la pratique l’année dernière, je continue à kiffer ça et à progresser aussi!

L’état d’esprit du combattant n’est pas nécessairement celui d’un prof, peux tu décrire ta vision de ces deux rôles ?

L’enseignement a aussi fait partie de mon apprentissage, car avec Damien nous avons appris ensemble le MMA, à l’aide de cassette vidéos qu’on a eu l’aubaine d’obtenir du Japon  et Brésil (à l’époque les 2 nations phares)!

Pour pouvoir nous entraîner il nous fallait une salle, nous avons monté une association pour l’obtenir, et avons démarré l’enseignement en parallèle de notre entrainement, c’était Damien le prof, et j’étais son assistant. L’enseignement et le combat en pro, ont toujours été intimement liés, le savoir et le savoir-faire vont de pair dans nos sports.

mathias-coaching-presA la fin de ma carrière, j’ai toujours entraîné selon les villes où j’habitais, sans vraiment prendre de clubs. A la naissance de mon fils, il y a 8 ans, j’ai commencé à m’y remettre sérieusement et me suis installé à Toulouse où lui et sa sœur arrivée un an plus tard pouvaient avoir des grands parents.

J’ai crée le « RICCIO FIRE TEAM », en hommage à un des surnoms qui me fut attribué pendant ma carrière et c’est celui-ci qui me caractérise  le mieux : « THE FIRE ».

Si j’interroge de façon directe ta « philosophie du combat », pour toi qui connait les katas, l’approche martiale et pas que sportive, que peux-tu me dire ?

Pour moi, le combattant recherche la gagne, la domination, des épreuves ou défis personnels, des réponses (enfouies tout au fond de soi) à des questions existentielles et très personnelles. Il vise alors un éternel dépassement de soi, à base de beaucoup d’abnégation ! Personnellement la gloire m’importait peu : c’est une bonne sensation je reconnais, mais je préférais par exemple savourer simplement mes victoires dans ma piaule, après le combat ou encore discuter avec les autres combattants, que faire la fête ou montrer mes ceintures !

Le professeur que je suis, en revanche est dans le partage, le don et la transmission de mon savoir.

Sur ce point, et pour répondre de façon actuelle à ta question, ce savoir m’est propre mais je me dois de continuer à progresser tous les jours. C’est une histoire sans fin, je découvre encore et encore mon art à chaque entraînement c’est magique !

Ainsi, j’ai toutes sortes d’élèves dans mes clubs, ados (filles et garçons), hommes, femmes, et cette année encore quelques compétiteurs en devenir… Alors oui, j’assume le pari : cette année on va tout péter à nouveau, tu verras!

mathias-coahc-lutteLa légalisation du MMA en France n’est qu’une question de mois, qu’en dis tu ? …De ta place, quelle est ta perception des milieux fédéraux français ? Comment construis-tu ton « FIRE TEAM » en lien avec cela ? 

De la merde, ouais! Je ne vais vraiment pas m’attarder sur ce sujet, ni sur les vraies  fausses raisons qui justifieraient une interdiction débile du MMA dans notre pays ! Juste une chose; en 1996,  on se disait déjà de source « sûre »: l’an prochain c’est autorisé!!! 

Ça fait plus de vingt ans! Et nous sommes encore vus comme des sauvages sanguinaires sans cervelle !

Très vite, au début des années 2000, je dirais 2004 de mémoire, la France était un des pays qui comptait le plus de combattants professionnels d’Europe, à la différence qu’on n’était professionnels qu’à l’étranger !En France, même pas un statut d’athlète…

Du coup on était quasiment tous portiers, à bosser de nuit! Pas facile pour une carrière…

Je ne sais pas réellement à quoi c’est dû, mon avis c’est que nous dérangerions trop de fédérations ancrées depuis longtemps avec leur méthodes à l’ancienne dépassées, ou leur fonctionnement de petits mafiosis ridicules…

Pour mon team, s’il y a des compétitions en PANCRACE (donc sans coups au sol) en France, pourquoi pas, sachant qu’on gagne tout à chaque fois en amateur ! Et pour les compétitions semi Pro (genre « Golden Belts ») qu’il peut y avoir de part et d’autres, nous y allons quand ils n’ont pas peur de nous inviter !

Cette année nous irons probablement directement combattre en MMA à l’étranger!

Quand mes gars sont prêts, ils peuvent combattre n’importe ou, car je veille a l’équilibre des combats en leur opposant des adversaires de leur calibre ! Et je sais que la plupart, au fond d’eux, ont le « RICCIO spirit », ils affronteraient n’importe qui, du moment que je les sais capables!  Je le transmets manifestemen. 

Mais mon but est de leur construire une carrière solidement, à l’inverse de moi qui ai toujours tout accepté, même au dernier moment ! Pas de regrets, aucun, mais je préfère éviter ces difficultés à mes élèves.

groupe-team-fire

Que vises- tu pour tes élèves ? A quel moment penses- tu avoir atteint tes objectifs de coach ? 

Pour mes élèves, c’est simple, je vise ce qu’ils visent ! En remplissant leur dossier d’inscription, ils ont une question simple sur leur objectif personnel de la saison…

Et je m’adapte à chacun d’eux en fonction de leur réponse et/ou de leurs demandes ultérieures, car parfois ça peut aussi changer en cours de saison ! Mes objectifs de coach sont atteints de bien des manières…Les victoires en combat évidemment, mais pas seulement, je vise aussi l’accès à une confiance en eux, la connaissance d’eux mêmes qu’on développe et découvre ensemble, pour ceux qui viennent en « loisirs », sachant que c’est quand même un sport de combat, et que j’entraîne « à la dure », toujours dans la recherche de soi !

Certains jeunes de quartier parfois sensibles viennent, et s’ils restent avec moi, leur vie change, tout simplement ! Souvent ils m’en remercient par la suite, là aussi: Objectif atteint !

Certains parents ou grands frères me remercient car leur petit (un ado en général) s’est amélioré sur bien des points (scolaire, familial…) : que dire ? …Objectif atteint!

Ensuite pour les compétiteurs c’est du renouvelable, il faut sans cesse s’en fixer des nouveaux, et ça aussi c’est une bonne chose! 

Quelle est l’actualité de ton team et ses buts en 2017 ?

Cette année à nouveau, je me retrouve avec une équipe de compétiteurs, ils débutent dans le MMA, mais progressent très vite et ont les dents longues, alors t’imagines le bien que ça me fait de retrouver encore cet état d’esprit de guerrier qui est en fait tout mon être!

Et curieusement je perds 10 fois plus d’énergie à les coacher que j’en perdais quand je combattais! Je vis les combats en même temps qu’eux, presque aussi fort qu’eux quand je suis au bord du ring! Cette année, Je suis en train de fabriquer de nouveaux champions…

Néanmoins tout le monde progresse ensemble chez moi, mecs, meufs, champions, jeunes, c’est une chouette équipe!

Ton mot personnel pour finir ? 

Mon mot personnel est un hommage et un énorme remerciement empreint de gratitude à celui qui à fait ce que je suis; mon frère Damien. Il est mort le 29 septembre dernier à l’âge de 40 ans en laissant immense vide dans ma vie (et dans beaucoup d’autres)!

Damien et moi étions connus comme des légendes vivantes, il est maintenant LA Légende Damien RICCIO!

Il me faut reconnaître qu’il était le fer de lance de la fratrie, et même de toute une génération de combattants… Il était le pionnier Français du « Combat Libre », premier terme français désignant le « Mixed Martial Arts ».

J’étais parfois aussi son « garde-fou », car il était hors normes, un grand Homme, un combattant Génial et un cœur énorme dans de nombreux sens !

Je n’avais qu’onze mois de moins que lui, donc pense que j’ai passé 30 années quasiment tous les jours à ses côtés, dans tous les domaines de la vie (école, collège, lycée, fac, entrainement, combat, boulot, sorties, rigolades, bagarres, Gardes à vue (lol), voyages et tant d’autres)… Je l’ai suivi au bout du monde, fièrement, aussi Je vous invite à découvrir qui était ce grand homme, et à honorer ce champion, dont je prépare la postérité ! Il est complètement en moi car il a été mon guide, je lui dois beaucoup de ce que je suis et je suis loin d’avoir fini son oeuvre…

Stay Tuned !

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Villejuif Boxing Show : Pascal Arène sait ce qu’il veut !

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C’est un homme passionné qui propose le Villejuif Boxing Show le 15 mars à venir. Pascal a la passion du ring et des boxeurs à tel point qu’il fait de son engagement un vrai sacerdoce. Représentant de la WMC en France, il n’en oublie pas son rôle de coach et celui de promoteur. Malgré un emploi du temps chargé à souhait et à quelques jours de la soirée, il a répondu à nos questions dans une entrevue exceptionnelle.

Pascal Arène et Xavier Lafaye (arbitre international WMC)

Comment ça va ? Ca va bien Jérôme, très bien.

Où en es-tu à quelques jours du Villejuif Boxing Show ?  On est en plein boulot, c’est la dernière ligne droite, les derniers réglages, entre l’organisation et la fin de préparation de nos boxeurs.

Le main event est le jubilé de Bakari Tounkara face à Karim Benmansour. Quelle est ton histoire avec « Bak » ?  Tout d’abord, je tiens a remercier Karim d’avoir accepté ce combat, c’est toujours difficile pour un entraîneur qui est a la fois le promoteur d’un gala de préparer la fightcard et encore plus quand il s’agit du dernier combat de son premier grand champion.
Mais avec la belle et longue carrière de Bakari, je ne pouvais pas présenter au public un combat contre un faire valoir, il fallait un champion, un champion avec des valeurs. Karim correspondait a ce que je recherchais et il était disponible.
Ils se sont déjà rencontrés tous les deux, c’était un très beau combat, je suis certain que cette revanche et donc ce jubilé sera sensationnel.
Bakari est avec moi depuis qu’il fait des combats au KO, aujourd’hui son palmarès affiche 115 fights, cela fait plus de 20 ans !
On s’est construit ensemble, lui en tant qu’athlète moi en tant que coach ! Bakari a boxé sur les plus grands plateaux Français, les Bercy de l’époque du grand Canal+ et de Samy Kebchi, les TK2 de Aix… et voyagé dans de très nombreux pays et pris
des titres, des ceintures, des médailles, jusqu’au SportGames à Pékin. On a gagné, on a perdu mais on s’est toujours régalé. On a pris du plaisir et c’est cela le plus important comme ce magnifique gala Ile-Maurice Vs France avec Johnny Halliday en parrain de la soirée avec nous dans les vestiaires !

C’est un événement où dans tous les combats il y aura un boxeur de ta team, l’Academies des Boxes de Villejuif. Ca te tenait à coeur de promouvoir les membres de ton club ? C’est clair, nous avons une grosse team, mais il nous manquait notre gala, chez nous a Villejuif. Je tiens a remercier Monsieur Le Bohellec Maire de notre commune pour son engagement à notre côté, sans son appui le VBS n’aurait pas vu le jour.
Je remercie également nos deux élus aux sports et les Services de la Jeunesse et des Sports et de la Communication pour l’énorme travail et soutien qu’ils nous ont apporté depuis le début de l’organisation de ce grand gala International.

Quelle relation il y a entre toi et les membres de ta team ? C’est un lien fort essentiel dans ton fonctionnement ? Nous avons une relation forte entre entraîneurs et boxeurs, pour moi je dirais même qu’elle est essentielle.
Avec l’ensemble du staff de l’Académie, messieurs Sidy Koné, Laurent Lutz, Samake Tomboron, Florent Guilon, Mamadou Diambang et Flavien Granet nous veillons à conserver cet état d’esprit. Nous sommes un club formateur, une famille d’ailleurs après le départ de notre président historique Francis Hamdaoui, c’est son neveu Jeremy qui a pris la présidence.
Les Berthely, Reine, Kébir, Saoudi pour ne citer qu’eux ont étés formé chez nous et sont encore là, des années et des années après…c’est cela notre force. C’est aussi ce que nous voulons transmettre. Nos coachs aussi sont d’anciens compétiteurs de notre team, ils ont choisis de rester, de passer leurs diplômes et de continuer le boulot.

Tu restes néanmoins un coach exigeant. C’est une qualité fondamentale pour amener des boxeurs au plus haut niveau ? Oui l’exigence et la discipline, sans ces 2 éléments tu ne peux pas avoir de très bons résultats, c’est même impossible. La boxe demande beaucoup, de sacrifices, du temps, de la souffrance mais au bout c’est tellement beau que cela mérite de les faire, mais il faut avoir faim !

Quel est le rôle le plus dur : coach ou promoteur ? Promoteur tu montes un plateau, une organisation, tu as une date, un objectif, tu bosses dessus et une fois que c’est fait tu souffles.
Coach c’est un engagement, tu as des boxeurs à faire évoluer qui ont confiance en toi, tu les accompagne dans leurs choix, dans un moment de leur vie plus ou moins long mais pendant cette durée tu vies avec eux. Tu les vois plus que ta famille et eux la leur ! C’est autre chose…

Quel est ton but avec le Villejuif Boxing Show ?  Mon but avec le Villejuif Boxing Show est de donner à nos boxeurs un gala à la hauteur de leur team, de notre Académie et de permettre comme le souhaitait également Monsieur Le Maire aux Villejuifois de voir leurs champions boxer à domicile.

Quelques mots pour finir ? Pour terminer Jérôme, je tiens a remercier ceux qui ont toujours étés à nos cotés, et j’ai une pensée pour ceux qui ne sont plus là. Merci à l’ensemble de nos partenaires et je vous donne rendez-vous le 15 mars. Nous sommes déjà à guichet fermé mais pour ceux qui ne peuvent assister à notre gala Canal+ notre diffuseur proposera un premier passage le mercredi 20 mars.

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Matthias « The Fire » Riccio

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Par Luxo . Crédit photo : Facebook de Matthias Riccio avec son aimable autorisation 

Pionnier du MMA français, enseignant, compétiteur dans l’âme et toujours prêt pour un défi sportif, sa parole fait autorité car il transpire sur les tatamis et les rings du Sud-Ouest depuis plus de 20 ans… et n’est pas prêt de s’arrêter.
Fort de sa gouaille, de son verbe haut mais surtout de sa posture d’expert du combat sous toutes ses formes, Matthias se prête pour fightinfos.com au jeu de l’interview, après un titre mondial en Jiu Jitsu aux côtés de son coach et compère Thomas Loubersanes.

Salut Matthias ! L’interview publiée en 2017 te donnait la parole sur des thèmes divers, ton parcours et celui de ton frère Damien, ta vie de coach et ton point de vue sur les sports de combats en France … Alors, quoi de neuf en cette fin 2018 ? Pour un homme qui comme moi rajeunit à vue d’œil, tout est neuf !
Depuis le gala-hommage à mon frère Damien, en Avril 2017, j’ai opéré un léger « délestage » de quatorze kilos… Durant cet évènement hautement symbolique, j’avais repris un kata qui m’avait valu un titre de champion de France de Karaté par le passé, ma sœur l’ayant appris aussi, nous avions traversé cela avec nos valeurs martiales, en famille.
J’avais par contre remis les gants « au talent » et avec tout le respect dû à mon partenaire ce soir là, j’avais boxé sur mes acquis…. tout en ayant peut être conscience d’un chemin restant à mener pour retrouver ce que je suis aujourd’hui.
Après, sur le plan personnel ou en terme de résilience, il y a eu du bon et aussi du mauvais, ce gala a consacré mon besoin viscéral d’échéances pour me prendre en main.
J’ai par le passé stoppé ma carrière à 27 ans et aussi étonnant que cela soit pour les non initiés au combat, j’avais en moi l’idée qu’à 40 ans, mon lien avec la situation d’opposition n’était pas fini !

Quelle forme cela a-t-il pris, concrètement ? Par des choses peu connues ici mais qui m’attirent, au Pérou et dans un voyage axé sur le chamanisme. Ce voyage a clôturé une période de deuil très dure, un cap à passer par rapport à l’évolution de la relation avec mon frère, dont la présence dans tout ce que je fais est une évidence.

Quelles conséquences au retour en France ? Des changements majeurs comme l’arrêt du travail de nuit par exemple et la mise en œuvre de projets divers, liés au sport sous toutes ses formes en tant qu’enseignant de Kick Boxing/ K.1 ou MMA. Parallèlement, en tant que pratiquant, je suis au cœur d’une étape de vie pressentie mais inespérée : mon retour en compétition en Jujitsu brésilien, où je redeviens « élève », en quelque sorte.

En quoi cela est-il possible et pourquoi à Toulouse ? Du fait d’une belle connexion humaine et sportive avec Thomas Loubersanes, un coach et pratiquant de haut niveau qui me malmène sur les tatamis et qui à 38 ans défie les plus jeunes en toutes catégories (et leur met des branlées d’ailleurs !).
Ce garçon m’a mis sur les rails d’un projet compétitif, en l’occurrence le championnat d’Europe de JJB à ROME en Avril 2018, en me poussant vers le haut et en constituant une belle équipe autour de lui et de son maître de Luta Livre (Roberto Leitao, légende vivante de ce sport au Brésil).
Ce dernier était présent suite à l’invitation de ses élèves français et retrouver la compétition dans ce cadre était parfait, sous le regard de Thomas qui m’a très bien coaché. Maître Leitao, du haut de ses 82 ans a insufflé un mental de vainqueur à tous…
Le résultat a dépassé nos espérances avec 19 médailles pour la délégation (essentiellement) toulousaine, et dans mon cas de belles sensations qui donnent envie d’aller plus loin.

Thomas Loubersanes et Matthias Riccio

Peux tu préciser les choses sur les compétitions de ROME puis aux USA il y a peu ? Il faut imaginer d’où je viens et mon style initial, qui valorise l’esprit guerrier et la recherche du KO, initialement…
En JJB, cela marche peu, il faut marquer des points et soumettre, c’est un renouveau complet pour moi que d’approcher un sport aussi tactique et d’admettre que parfois le passage en force ne marchera pas !
A Rome, j’ai entamé le plus mal possible les choses dans ma catégorie (Master 3, Ceinture Violette, de 41 à 44ans, en -97kg), j’ai essuyé une vraie raclée devant le champion d’Europe en titre en voulant passer tout en puissance, en m’échauffant trop… J’ai vraiment subi un déclic, en voyant l’aspect vain en JJB de mon approche, toujours trop liée à mon vécu en MMA ou Kick Boxing.
Suite à cela, Thomas a choisi de m’inscrire en « toutes catégories » et j’ai eu la chance de pouvoir prendre ma revanche contre le même adversaire que j’ai cette fois bien battu. Au tour suivant, contre un italien de 130kg, j’ai aussi vu que j’avais de belles attitudes et de la tonicité à revendre, qui me sera utile très bientôt.
En effet, après trois mois d’entrainement, j’ai su performer à Rome ! Donc, cela a guidé nos pas pour la suite : après une préparation intense en Thailande, nous sommes partis aux USA début Décembre 2018, en Californie pour les mondiaux de l’IBJJF.
Dans ma catégorie (Master 3 / Ceinture Violette), je finis champion du monde. Thomas lui est classé n° 5 mondial dans la catégorie reine (Adulte, Ceinture Noire Poids Lourds), il réalise un authentique exploit. L’objectif est atteint pour nous deux.
Cela nous engage à nous frotter aux meilleurs mondiaux, aussi nous irons en Février 2019 à SAN DIEGO où s’entraîne l’équipe ATOS, classée n° 1 mondiale. C’est là que nous comptons progresser, encore et toujours !
Cela me motive et m’engage même à revenir en MMA en 2019, voilà le scoop que je peux confier, sans entrer dans les détails pour l’instant…

Que retires-tu de ton actualité sportive ? J’y vois du sens sur le plan de la continuité d’une force, sur la nécessité d’effacer ma dette et sur ce que j’ai véhiculé pour ceux qui connaissent les Riccio.
De façon plus globale, pour les fans d’arts martiaux et de sports de combats, je sais que la vérité ne se trouve qu’en se mettant personnellement en question.
Car pour moi comme pour mes élèves, nous sommes notre seul et unique adversaire.
J’établis ainsi lorsque je rencontre les gens dans les salles où j’enseigne une forme de « bilan » initial : comprendre ce dont il a besoin et l’amener à la découverte de lui-même.
Cette formule n’est pas une vue de l’esprit, cela s’éprouve au quotidien, sur vos rings, vos tatami, devant vos sacs de frappe… Et à chacun de définir son exutoire, pour ma part la recherche de KO en était un, à chacun de visualiser sa part.

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