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«Paroles de…Free Fighter» (Episode 5) Rencontre avec Matthias « The Fire » RICCIO, pionnier du MMA français.

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mathias-portraitEn mémoire de Damien Riccio

Par Luxo . Droits réservés photos : Antoine MARESCAUX . Photos « combat » Facebook Mathias Riccio

Les Infos Du Fight continue son tour d’horizon des sports de combats français. Cette série de reportages met en lumière des personnages hors normes, des combattants/coachs/promoteurs et jeunes champions, qui œuvrent pour le développement des disciplines de combat.

Et si «la vie est un combat», comme beaucoup se plaisent à le répéter dans ce milieu, alors Matthias RICCIO est bien en vie ! Souriant, « chambreur » au besoin mais aussi capable d’un vrai recul sur lui et sa pratique martiale : il sait ce dont il a hérité et y reconnait ses valeurs sportives. Pour ceux qui le croient hâbleur, je garantis aux lecteurs qu’un contact en vue d’interview n’a jamais été si simple, franc et direct qu’avec ce bonhomme, récemment meurtri par le décès de son frère Damien.

Là où nous cherchions un connaisseur passionné de M.M.A, on rencontre un petit peu plus. Cette soif de vivre et de résister à tout est peut être l’apanage des grands combattants ? Matthias s’applique désormais à transmettre sa flamme à ses élèves. Voici « The Fire » en interview, avec les photos d’Antoine MARESCAUX.

Salut Matthias et merci pour cette interview ! Quel est ton vécu pugilistique exact ? En Karaté et dans d’autres disciplines, quel a été ton parcours de combattant ? 

J’ai commencé le KARATE à l’âge 6 ans, sous la direction de mon père ! Réputé « dur » voir caractériel, mon père enseignait un Karaté traditionnel aussi violent qu’efficace. Il laissé une empreinte indélébile à tous ceux qui ont eu l’occasion d’être de ses élèves. Avec ses enfants, en l’occurrence mes 3 frères aînés, ma sœur et moi même, il était encore plus rude et intransigeant ! Nous étions 5 karatékas et…il ne voulait que des champions !

En karaté, nous l’avons pratiquement tous été au niveau national, trois d’entre nous au niveau Européen, et l’aîné Laurent au niveau mondial. Nous étions des techniciens et nous excellions en Kata, pas vraiment en combat, car bien trop violents et durs pour ce type d’affrontement : en effet, le karaté compétitif se pratique à la « touche contrôlée », ce qui différait totalement de notre vision du combat.

Je me faisais, moi, très souvent disqualifier pour coups portés trop forts et donc, nous avons pris tous les podiums nationaux en kata. En forme de grand souvenir familial, le championnat de France « Kata » en 1995 à COUBERTIN : sur 12 places de podiums possibles ; 3 minimes, 3 cadets, 3 juniors, 3 seniors Il y eut 4 places prises par un des frères RICCIO, dont 3 titres de champions : je gagne en Cadet, Damien gagne en Juniors, Laurent gagne en Senior, suivi de Christophe sur la 3eme place ! Imaginez un peu, un tiers des places furent occupées par un RICCIO, 3 titres sur 4 furent remportés! Et on peut imaginer que c’est parce qu’aucun RICCIO n’était en âge d’être minime lol!

mathias-familleL’année d’après fut curieusement bien plus compliquée bien que nous ne fussions pas moins bons! Au contraire le senseï (Dominique, mon père) perfectionnait sans cesse son enseignement! Mais on se faisait accrocher par des athlètes moins performants, voire battre (suite à une égalité de notes, qui déclare l’un ou l’autre vainqueur)  par nos propres élèves, c’en était presque flatteur lol!

Ça peut se comprendre ça faisait presque de 20 ans que les Riccio raflaient tout, je suppose qu’il était temps (et surtout le Moment « M ») pour stopper l’hémorragie RICCIO dans le milieu fédéral ?

Quoiqu’il en soit, nous avons avec mon frère Damien fait alors la découverte des premiers « UFC » à la télé! De véritables shows, empreints de « vérité ultime », le M.M.A arrivait dans le monde, au moment où la fédé de Karaté en avait marre de nos « performances dérangeantes » et commençait à nous saquer! Mais là, aubaine : c’était du VRAI COMBAT !

Damien et moi, nous avons tout arrêté en Karaté du jour au lendemain! 

Avec le recul, on comprend qu’avec d’autres pionniers du MMA français, vous êtes dans une recherche sportive bien particulière, comment décrirais-tu cela ?

L’envie de remise en question était là, j’ai alors commencé la lutte, le Kick boxing, le Pancrace, et la boxe anglaise.

Nous allions pouvoir combattre et être appréciés  par et pour nos victoires, plutôt que de déranger  dans un microcosme fédéral à force de gagner ! Et surtout là, dans ces formats de compétitions « Free fight », et bien … quand tu es moins bon: tu perds! Quand tu es meilleur mais que tu fais une petite erreur, tu peux aussi perdre face à un moins bon, mais tu es SEUL responsable! 

Tu n’es plus la victime de juges arbitres, qui ont aussi des élèves à faire gagner, quitte à les  y aider en saquant le champion, et qui de surcroit n’ont pas à l’époque un dixième de notre niveau. Ce « moment de vérité » comme il est dit dans des films, c’est uniquement dans mes combats de M.M.A que je l’ai ressenti !

mathias-familleLaurent a lui continué une très belle carrière, mais Damien et moi (alors tous 2 membres de l’équipe de France Kata Espoirs, soit la relève des seniors dont Laurent était capitaine), nous avons tout stoppé. Inutile de t’expliquer la claque que j’ai mangé en découvrant tous ces sports : je n’étais plus le meilleur et même loooooooooooin de là (lol), même si mes bases de karateka m’ont facilité l’apprentissage et donné de bonnes aisances! Mais j’ai pris des volées, au début dans tous ces sports, une excellente leçon d’humilité !

Puis, nous avons démarré le Pancrace en 1996, j’étais « pro » en SHOOTO au Japon en 2000, cela c’est enchaîné assez vite pour moi : j’ai été champion d’Europe de Kick boxing en Espagne, j’ai gagné la première ceinture mondiale du CAGE WARS en 2002 et j’ai été champion du monde « Ultimate Combat » en 2004.

J’ai fait des combats un peu partout (une trentaine) et dans tous les styles, même poings nus parfois ! En fait j’ai toujours accepté tous les combats, prêt ou pas, remplacement de dernière minute très souvent, face aux meilleurs mondiaux aussi !

Belle affaire pour les promoteurs, je savais pas me vendre et puis j’aimais trop cette adrénaline ! Ma carrière s’est arrêtée assez tôt en 2005 à seulement 27 ans, parfois la vie décide à ta place…

Comme tu peux constater, c’est quand même le Karaté « style RICCIO » qui a formé mon être de combattant. Et paradoxalement, je pense que ce sont les katas qui ont fait de moi un bon et dur combattant ! J’en ai repris la pratique l’année dernière, je continue à kiffer ça et à progresser aussi!

L’état d’esprit du combattant n’est pas nécessairement celui d’un prof, peux tu décrire ta vision de ces deux rôles ?

L’enseignement a aussi fait partie de mon apprentissage, car avec Damien nous avons appris ensemble le MMA, à l’aide de cassette vidéos qu’on a eu l’aubaine d’obtenir du Japon  et Brésil (à l’époque les 2 nations phares)!

Pour pouvoir nous entraîner il nous fallait une salle, nous avons monté une association pour l’obtenir, et avons démarré l’enseignement en parallèle de notre entrainement, c’était Damien le prof, et j’étais son assistant. L’enseignement et le combat en pro, ont toujours été intimement liés, le savoir et le savoir-faire vont de pair dans nos sports.

mathias-coaching-presA la fin de ma carrière, j’ai toujours entraîné selon les villes où j’habitais, sans vraiment prendre de clubs. A la naissance de mon fils, il y a 8 ans, j’ai commencé à m’y remettre sérieusement et me suis installé à Toulouse où lui et sa sœur arrivée un an plus tard pouvaient avoir des grands parents.

J’ai crée le « RICCIO FIRE TEAM », en hommage à un des surnoms qui me fut attribué pendant ma carrière et c’est celui-ci qui me caractérise  le mieux : « THE FIRE ».

Si j’interroge de façon directe ta « philosophie du combat », pour toi qui connait les katas, l’approche martiale et pas que sportive, que peux-tu me dire ?

Pour moi, le combattant recherche la gagne, la domination, des épreuves ou défis personnels, des réponses (enfouies tout au fond de soi) à des questions existentielles et très personnelles. Il vise alors un éternel dépassement de soi, à base de beaucoup d’abnégation ! Personnellement la gloire m’importait peu : c’est une bonne sensation je reconnais, mais je préférais par exemple savourer simplement mes victoires dans ma piaule, après le combat ou encore discuter avec les autres combattants, que faire la fête ou montrer mes ceintures !

Le professeur que je suis, en revanche est dans le partage, le don et la transmission de mon savoir.

Sur ce point, et pour répondre de façon actuelle à ta question, ce savoir m’est propre mais je me dois de continuer à progresser tous les jours. C’est une histoire sans fin, je découvre encore et encore mon art à chaque entraînement c’est magique !

Ainsi, j’ai toutes sortes d’élèves dans mes clubs, ados (filles et garçons), hommes, femmes, et cette année encore quelques compétiteurs en devenir… Alors oui, j’assume le pari : cette année on va tout péter à nouveau, tu verras!

mathias-coahc-lutteLa légalisation du MMA en France n’est qu’une question de mois, qu’en dis tu ? …De ta place, quelle est ta perception des milieux fédéraux français ? Comment construis-tu ton « FIRE TEAM » en lien avec cela ? 

De la merde, ouais! Je ne vais vraiment pas m’attarder sur ce sujet, ni sur les vraies  fausses raisons qui justifieraient une interdiction débile du MMA dans notre pays ! Juste une chose; en 1996,  on se disait déjà de source « sûre »: l’an prochain c’est autorisé!!! 

Ça fait plus de vingt ans! Et nous sommes encore vus comme des sauvages sanguinaires sans cervelle !

Très vite, au début des années 2000, je dirais 2004 de mémoire, la France était un des pays qui comptait le plus de combattants professionnels d’Europe, à la différence qu’on n’était professionnels qu’à l’étranger !En France, même pas un statut d’athlète…

Du coup on était quasiment tous portiers, à bosser de nuit! Pas facile pour une carrière…

Je ne sais pas réellement à quoi c’est dû, mon avis c’est que nous dérangerions trop de fédérations ancrées depuis longtemps avec leur méthodes à l’ancienne dépassées, ou leur fonctionnement de petits mafiosis ridicules…

Pour mon team, s’il y a des compétitions en PANCRACE (donc sans coups au sol) en France, pourquoi pas, sachant qu’on gagne tout à chaque fois en amateur ! Et pour les compétitions semi Pro (genre « Golden Belts ») qu’il peut y avoir de part et d’autres, nous y allons quand ils n’ont pas peur de nous inviter !

Cette année nous irons probablement directement combattre en MMA à l’étranger!

Quand mes gars sont prêts, ils peuvent combattre n’importe ou, car je veille a l’équilibre des combats en leur opposant des adversaires de leur calibre ! Et je sais que la plupart, au fond d’eux, ont le « RICCIO spirit », ils affronteraient n’importe qui, du moment que je les sais capables!  Je le transmets manifestemen. 

Mais mon but est de leur construire une carrière solidement, à l’inverse de moi qui ai toujours tout accepté, même au dernier moment ! Pas de regrets, aucun, mais je préfère éviter ces difficultés à mes élèves.

groupe-team-fire

Que vises- tu pour tes élèves ? A quel moment penses- tu avoir atteint tes objectifs de coach ? 

Pour mes élèves, c’est simple, je vise ce qu’ils visent ! En remplissant leur dossier d’inscription, ils ont une question simple sur leur objectif personnel de la saison…

Et je m’adapte à chacun d’eux en fonction de leur réponse et/ou de leurs demandes ultérieures, car parfois ça peut aussi changer en cours de saison ! Mes objectifs de coach sont atteints de bien des manières…Les victoires en combat évidemment, mais pas seulement, je vise aussi l’accès à une confiance en eux, la connaissance d’eux mêmes qu’on développe et découvre ensemble, pour ceux qui viennent en « loisirs », sachant que c’est quand même un sport de combat, et que j’entraîne « à la dure », toujours dans la recherche de soi !

Certains jeunes de quartier parfois sensibles viennent, et s’ils restent avec moi, leur vie change, tout simplement ! Souvent ils m’en remercient par la suite, là aussi: Objectif atteint !

Certains parents ou grands frères me remercient car leur petit (un ado en général) s’est amélioré sur bien des points (scolaire, familial…) : que dire ? …Objectif atteint!

Ensuite pour les compétiteurs c’est du renouvelable, il faut sans cesse s’en fixer des nouveaux, et ça aussi c’est une bonne chose! 

Quelle est l’actualité de ton team et ses buts en 2017 ?

Cette année à nouveau, je me retrouve avec une équipe de compétiteurs, ils débutent dans le MMA, mais progressent très vite et ont les dents longues, alors t’imagines le bien que ça me fait de retrouver encore cet état d’esprit de guerrier qui est en fait tout mon être!

Et curieusement je perds 10 fois plus d’énergie à les coacher que j’en perdais quand je combattais! Je vis les combats en même temps qu’eux, presque aussi fort qu’eux quand je suis au bord du ring! Cette année, Je suis en train de fabriquer de nouveaux champions…

Néanmoins tout le monde progresse ensemble chez moi, mecs, meufs, champions, jeunes, c’est une chouette équipe!

Ton mot personnel pour finir ? 

Mon mot personnel est un hommage et un énorme remerciement empreint de gratitude à celui qui à fait ce que je suis; mon frère Damien. Il est mort le 29 septembre dernier à l’âge de 40 ans en laissant immense vide dans ma vie (et dans beaucoup d’autres)!

Damien et moi étions connus comme des légendes vivantes, il est maintenant LA Légende Damien RICCIO!

Il me faut reconnaître qu’il était le fer de lance de la fratrie, et même de toute une génération de combattants… Il était le pionnier Français du « Combat Libre », premier terme français désignant le « Mixed Martial Arts ».

J’étais parfois aussi son « garde-fou », car il était hors normes, un grand Homme, un combattant Génial et un cœur énorme dans de nombreux sens !

Je n’avais qu’onze mois de moins que lui, donc pense que j’ai passé 30 années quasiment tous les jours à ses côtés, dans tous les domaines de la vie (école, collège, lycée, fac, entrainement, combat, boulot, sorties, rigolades, bagarres, Gardes à vue (lol), voyages et tant d’autres)… Je l’ai suivi au bout du monde, fièrement, aussi Je vous invite à découvrir qui était ce grand homme, et à honorer ce champion, dont je prépare la postérité ! Il est complètement en moi car il a été mon guide, je lui dois beaucoup de ce que je suis et je suis loin d’avoir fini son oeuvre…

Stay Tuned !

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Glory 55 : Cédric Doumbe, en route pour le titre !

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Glory 55 : Cédric Doumbe, en route pour le titre !Cédric Doumbe n’est décidément pas un boxeur comme les autres. Après avoir pris et défendu le titre au Glory tout en gérant seul sa carrière, il devient peu à peu évident que le circuit de Pierre Andurand ne peut pas se passer du français, loin de là. Charismatique à souhait, Doumbe a su s’appuyer sur une communication parfois « borderline » mais qui a fait le « buzz ». En homme d’intelligence, le français s’adapte au situation et a opéré une métamorphose dans sa préparation qui fait de lui un boxeur redoutable.

Scheinson, une victime selon Doumbe

Le 20 juillet prochain, Cédric Doumbe affrontera l’argentin Alan Scheinson, battu par Karim Benmansour lors de son premier combat au Glory. Il affiche deux victoires en 5 sorties dans le circuit, s’est incliné face à Murtel Groenhart et Thongchai Sitsongpeenong deux boxeurs battu par le français. Autant le dire, les choses seront corsés pour l’argentin qui a pu voir que « Doumced » reste sur un KO fantastique. Il a eût droit à sa dédicace sur la page Facebook du français qui l’annoncé comme sa prochaine victime. Malgré le palmarès de ses adversaires, Scheinson n’a jamais été mis KO au Glory une donnée qu’il ne faut pas perdre de vue pour Cédric qui connaît bien ce genre d’adversaire prêt à tout.

En route vers le titre

Il est difficile de croire que Cédric ne soit pas sur la route du titre, c’est impensable. Sa victoire face à Thongchai est un signal fort lancé aux dirigeants du Glory qui ont bien compris l’impact que peut avoir le sociétaire du Queensburry sur le circuit. Ce Doumbe là est irrésistible parce que frappeur mais aussi technicien. Evidemment cela passe par un succès avec la manière dans un combat où il est ultra favori. En confirmant dans un modus operandi similaire à celui de Lyon, Doumbe sera plus que jamais prêt pour affronter le tenant du titre, Harut Grigorian pour une seule raison. Il est le plus à-même de battre le champion de sa catégorie.

Victoire impérative pour Pinto

Victor pinto va disputer son 6ème combat au Glory dans le même événement. Avec un parcours affichant 2 victoires, 3 défaites, le français sait que dans ce genre de compétition, la victoire est impérative pour perdurer. Son adversaire, l’américain Nate Richardson, affiche 1 victoire, 1 défaite dans cette catégorie des -65kg.

Programme

Glory 55
Championnat par interim . 85kg Alex Pereira (c) vs. Yousri Belgaroui
Championnat . 65kg Massaro Glunder vs. Kevin VanNostrand
70kg Elvis Gashi vs. Nick Chasteen
65kg Victor Pinto vs. Nate Richardson
Superfight Series
77kg Cedric Doumbe vs. Alan Scheinson
120kg Junior Tafa vs. Anthony McDonald
55kg Sofia Olofsson vs. Tiffany van Soest
85kg Joe Taylor vs. Jacob Rodriguez
70kg Itay Gershon vs. Trevor Ragin
65kg Asa Ten Pow vs. Justin Greskiewicz

 

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Exclusif : Bruce Codron tire sa révérence

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Exclusif : Bruce Codron tire sa révérence

A Sabrina et Ilan

Devant environ 500 personnes, Bruce Codron a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il mettait fin à sa carrière. Le mazanais, transfuge du full contact s’est vu contraint à cette décision en raison de blessures récurrentes au genoux et au coude. Compétiteur hors pair, il a marqué toute une génération de part son mental mais également sa passion du combat.

Rien de simple

Dans une discussion informelle avec son coach de toujours, David Blanc, ce dernier rappelait que pour lui le travail prévaut le talent. Et Bruce s’est distingué en acceptant de travailler encore et encore, souffrant sans jamais se plaindre pour apprendre les rudiments du full contact, boxe dans laquelle il a démarré sa carrière où il s’est illustré. Codron a tout gagné dans ces règles jusque ce fameux championnat du Monde de full contact remporté face à Joseph Yaucat Guendy. Il ne le savait pas encore mais finalement, c’est ici que tout a réellement commencé même si auparavant il avait à plusieurs reprises les titres de champion de France et d’Europe. Ce titre mondial remporté lui a apporté de la dimension qui lui a permis de rester invaincu pendant plus de 8 ans. Durant tout ce temps, il a remporté le tournoi de la Nuit Des Champions, s’est illustré dans les grandes organisations françaises sans oublier la moisson de titre internationaux à laquelle il s’est astreint. De ce parcours débuté à Pernes Les Fontaines et réaliser à Mazan, Codron a fait preuve d’une fidélité sans faille.

Exclusif : Bruce Codron tire sa révérence

David Blanc, bien plus qu’un coach

A une époque où le boxeur n’hésite pas à aller voir ailleurs si l’herbe même si sa carrière en souffre, Bruce Codron a fait toute sa carrière sous la houlette de David Blanc. Bien plus qu’un coach, les deux hommes collaborent depuis 18 ans ensemble, un fait assez rare pour être souligner. Rapidement le patron du Gym Boxe Loisirs a vu le potentiel chez son boxeur qui répétait inlassablement les gestes appris durant les séances d’entrainement. Jamais Bruce n’a lâché ses objectifs de vu même quand le ring l’a sanctionné comme lors de match face à Vadim Sufianov, perdu à la première reprise devant chez lui. Pour l’anecdote, dès le lundi, il était à la salle pour travailler et comprendre ce qui n’a pas été. Ce fait résume à lui seul ce qu’est Bruce Codron qui est toujours resté humble, sans jamais chercher d’excuses.

Exclusif : Bruce Codron tire sa révérence

La belle histoire avec la Nuit Des Champions

S’il y a un show qui l’a marqué, c’est la Nuit Des Champions d’Erick Roméas. Il est le boxeur le plus capé de l’événement avec 13 participations. Au palais des sports de Marseille, poussé par la Dream Team, le club de supporters qui lui suivait et qui avait une tribune qui lui était dédié, il a tout connu. Des victoires face à Abdellah Ezbiri, Samir Mohamed, Ludovic Millet, Karim El Idrissi, Cédric Castagna, Samir Berbachi etc… Et puis il y aussi ces revers notamment celui face à Chingiz Allazov qui a finalement lié les deux puisque la star béilorusse s’est cassé la main sur lui durant le combat. Là encore, Bruce s’est relevé ! Il a puisé cette force dans les différentes shows où il a été convié : Stars Night, Urban Boxing, Power Trophy, la Full Night et bien évidemment le World GBC Tour (anciennement Gym boxe Challenge) où il constamment assuré le main event.

Exclusif : Bruce Codron tire sa révérence

18 ans de combat !

18 ans ! Voilà 18 ans que Bruce boxe et s’est fixé une rigueur de vie hors du commun. Durant toutes ces années, il a tout consacré aux pieds-poings et pour cela, il a fait beaucoup de sacrifices. De la diététique au physique, tout tournait autour de sa carrière et il a pu compté sur le soutien de ses parents puis sur celui de sa compagne pour pouvoir réaliser tout cela.

Exclusif : Bruce Codron tire sa révérence

Dans les moments difficiles, il a pu s’appuyer sur le soutien de son clan et notamment David et Mathieu, ses frères, sans oublier David Blanc. Son aventure c’est aussi la leur ! Il n’y a rien de plus difficile pour une épouse ou pour une mère que de voir son mari ou son fils combattre sur un ring. Nous n’oublierons pas Didier, son papa qui a été dans son coin durant toute sa carrière. Bruce a su fédéré autour de lui ce qui explique sa popularité bien au-delà du pieds-poings.

Une belle conclusion

Finalement, Bruce Codron n’arrête pas son parcours, il débute un nouveau round, plus long encore que ce qu’il a connu. Plus dur aussi car il faut durer dans les résultats car il a un héritage à transmettre auprès des jeunes et c’est un sacré défi que de les amener au plus haut niveau aux côtés de David Blanc. A titre personnel, j’ai grandi en même temps que Bruce Codron que j’ai pu voir chez les amateurs. Je le remercie encore pour cette proximité qui m’a permis de le voir dans la joie comme dans la souffrance. Merci à Bruce Codron pour ces belles années de partage, d’anecdotes et de rigolade.

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