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« Paroles de … jeunes champions » (Episode 4)

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Par Luxo

Crédit photo : Nathalie Poisson, droits réservés

Donner la parole aux jeunes champions de la saison passée, c’est se rappeler que nous avons tous été à leur place, prêt à rêver de gloire à chaque rentrée sportive!
En ces temps troublés, donner la parole aux jeunes, c’est valoriser le travail de terrain que mènent les bénévoles des clubs, ces activistes de l’éducation sportive, qui ont la passion des sports de combat chevillée au corps. Car c’est aussi au sein des clubs sportifs que se joue la rencontre des communautés et classes sociales.
Nous dédions donc simplement cet article à tous les «minots» qui grandissent près des rings et qui forgent, tous ensemble, des valeurs de solidarité qui les guideront bien longtemps…
Il est aussi important de rappeler que le choix du club du B.F.G.B (« Boxe Française Grande Bastide » ) n’est pas anodin, parce quand on parle de passion et de boxe à Marseille, le nom de Laurent DEBONO vient à l’esprit. Fin technicien et combattant très expérimenté, « Lolo » donne désormais de la voix dans le coin, et cela commence à porter ses fruits. Portraits en quelques lignes donc de Clément, Lena, Aurélie et Tony…

Petites présentions sur le plan personnel sportif ?

Clément Marie-Anne : Salut à tous, j’ai 15 ans et je viens de finir mes études pour aller travailler en tant que plombier. Dans la vie, je suis plutôt calme mais aussi assez « réactif »

Léna Ricard : Salut ! Moi j’ai 16ans, je suis en Seconde Assp (Accompagnement Soins et Services à la Personne), j’ai commencé la boxe à l’âge de 10ans, dans le club BFGB (Boxe Française Grande Bastide) où Laurent Debono et Johnny Bono sont mes entraîneurs. Je pratique en Kick Boxing, K-1 et Savate Boxe Française.
J’ai fait une trentaine d’assauts, et je vais entamer ma deuxième année de combats.

Aurélie Lombardo : Bonjour, je suis lycéenne, en Bac Professionnel « Service de Proximité et vie locale », dans le social donc… Je suis d’une nature un peu rude, sociable malgré tout et parfois…«nerveuse », tout dépend des circonstances ! Mon mental me permettra je crois d’aller au bout de mes objectifs, petit à petit sans rien lâcher, même si la route peut être longue.

Tony Scotto : Je m’appelle Tony, j’ai 20 ans. Depuis l’âge de 15 ans, je suis apprenti en alternance dans la plomberie/climatisation mais depuis peu en CDI au sein de ma société. Pour mes traits de caractère, on dira : généreux, ambitieux, curieux et vivant.

Quels ont été vos résultats les années passées ?

Clément Marie-Anne : J’ai été champion de France de Kick-Boxing en 2015 et 2016, Champion de France en Muaythai en 2016, et aussi Champion de France de Boxe Française en 2016.

Léna Ricard : J’ai remporté la coupe de France en 2014, puis championne de France 2015 en Kick-Boxing. Par la suite, Vice Championne de France 2016, toujours en Kick-Boxing.

Aurélie Lombardo : J’ai commencé à monter sur le ring lors de galas féminins organisés chaque année par Myriam El Abraoui. Cette année, j’ai décidé de me lancer dans des championnats, je me suis donc inscrite au championnat de France en Full Contact, discipline où je suis devenue Vice-Championne de France.

Tony Scotto : Je suis Vice-champion de France « Combat » en Kick-Boxing en 2014, Champion de France « Combat » en Full-Contact en 2016.

Pourquoi aimez-vous les sports de combats ? Cela vous apporte quoi précisément au quotidien ?

Clément Marie-Anne : Le sport  de combat m’apporte beaucoup dans la vie quotidienne : du respect, de la réflexion et aussi la concentration…Le plaisir d’aller à salle, c’est de se voir évoluer chaque jour, et avec beaucoup d’implication dans ce sport, ça finit par fonctionner.

Léna Ricard : Dans ma vie de tous les jours, je pense que cela m’aide, car je suis déterminée sur mes choix et mes projets, je veux atteindre mon but, que ce soit dans le sport ou le travail. C’est ma personnalité mais aussi cela est lié à mon sport.

Aurélie Lombardo : La boxe m’apporte beaucoup au quotidien, cela m’a appris à me battre dans la vie. Ce sport t’enseigne de ne jamais abandonner, qu’importe la difficulté des choses. Ce sport m’a fait grandir mentalement, m’apporte un soutien évident !

As-tu une anecdote concernant tes coachs du BFGB ? Quels moment sportifs vécus avec te restent en mémoire ?

Clément Marie-Anne : Les paroles du coach qui marquent, c’est quand tu es sur le ring et qu’il te regarde en criant « 30 secondes ! »… A ce moment là, on sait qu’on doit mettre la pression « à fond » sur l’adversaire, c’est un super moment.

Léna Ricard : Quand je vais à la salle je me dis que c’est mon univers, ma passion, j’y retrouve mes amis proches avec lesquels j’ai grandi. Voir mes entraîneurs, ça me booste, ils me poussent au-delà de mes limites et j’ai toujours envie de donner plus pour qu’ils soient fiers de moi. J’ai en tête des phrases précises; Laurent Debono me dit souvent « Allez ma fille on n’est pas venu pour rien, on va rien lâcher » et Johnny Bono me dit « Ma poupoune, ce combat c’est le tien ». Il y a aussi des gestes habituels, dans les vestiaires et à chaque montée sur le ring : Laurent m’embrasse sur le front et me dit « J’ai confiance en toi ma fille » et avec Johnny on se tape dans la main… En dehors du sport, ils ne sont plus mes entraîneurs mais ils restent des personnes importantes dans ma vie de tous les jours.

Aurélie Lombardo : Alors que j’étais à Paris, j’allais monter sur le ring et j’étais stressée… Il y avait beaucoup de monde autour de moi et dans le public. Johnny a trouvé les mots justes, en me disant : « Mais voyons, il n’y a que toi et moi ici ! ». Un bon souvenir avec lui !

Tony Scotto : Je remercie Laurent Debono, auquel je dois tout sur le plan sportif. Dans l’année à venir, j’aimerai devenir professionnel et si le temps fait bien les choses, j’aimerais ouvrir un club et rendre la pareille à mon tour aux plus jeunes.
Je remercie mon club du BFGB pour l’amour et la motivation qu’il m’apporte, j’espère montrer un bel exemple, à l’image de celui que Laurent Debono m’a transmis. J’ai retenu l’une de ses phrases qui m’a beaucoup touché « depuis le jour où  tu es entré dans le club, j’ai mis ma pièce sur toi et tu es ma plus grande fierté », c’est une belle récompense pour un jeune combattant comme moi !

As-tu des modèles dans le milieu des sports de combats ? Un rêve à poursuivre dans les années à venir ?

Clément Marie-Anne : Je vise dans les années à venir une place en équipe de France et je veux ramener plusieurs titres européens et mondiaux à mon club. Le sportif préféré ? Je n’en ai pas vraiment…

Léna Ricard : J’ai toujours beaucoup aimé la philosophie autours des combats de Bruce Lee , que l’on peut réussir par l’effort, qu’avec persévérance on s’en sort. J’aime beaucoup aussi Buakaw pour sa technique : son style de boxe est rapide, explosif, les coups de pieds sont beaucoup utilisés, il s’adapte à tout boxeur. Mon rêve serait de devenir « pro », de bâtir un beau parcours sportif.

Aurélie Lombardo : Je n’ai pas forcément de sportifs qui me font rêver, j’ai de l’admiration pour ceux qui montrent beaucoup de travail et de persévérance. Dans les prochaines années, j’aimerais avoir un titre national, qui me permettra d’être fière de moi et de me dire que « le travail paye ».

Tony Scotto : Mes exemples en matière sportive ? Un peu tout le monde, car je pense qu’il faut prendre toujours le bon de chaque personne…

Les mots de la fin est pour le coach qui anime cette belle équipe, Laurent DEBONO et pour la photographe qui illustre cet article, Nathalie POISSON.

Laurent DEBONO : « Je donne de mon temps du fait de ma passion pour les boxes pieds/poings, mais j’ai aussi pris goût à ne pas voir traîner les jeunes dehors et prendre le mauvais chemin, ce qui n’est pas impossible, surtout à Marseille ! Notre club du BFGB est assez populaire dans le quartier, tout le monde me connait depuis tout petit, je porte un nom qui n’est pas inconnu ici…On connaît mon nom de famille via le football car mon oncle était un professionnel, à une époque importante pour l’OM. Par la suite, la vocation sportive et familiale est restée, en boxe. J’ai au club et en tant qu’enseignant un haut niveau d’exigence, et de ce fait, j’ai affaire à un groupe de jeunes compétiteurs très engagé : je leur donne beaucoup, aussi je sais qu’ils ne me déçoivent jamais. Quelques soient les résultats, ils vont au delà de leurs limites et c’est ce qui me plaît, ils ne lâchent pas mentalement et se motivent sans cesse lors des compétitions comme lors des entraînements.
Par ailleurs, en dehors de la boxe, il m’est arrivé de prendre en bateau certains de ces jeunes pour aller dans les Calanques ou en amener en Mer avec moi, ils participent le dimanche lorsque je vais courir, c’est comme cela que nous vivons la vie de club, avec une proximité et un lien fort entre coachs et élèves.
Je profite de cet article pour saluer mon ami et enseignant au club Johnny BONNOT. Son travail de préparation physique est très performant, il sait trouver les mots avec les compétiteurs et avec mes apports technico-tactiques, nous formons un beau duo qui a de belles années à vivre, au service de nos jeunes et des Boxes Pieds-Poings. »

Nathalie POISSON : « En quelques mots, je veux démontrer par mes photos que dans un club digne de ce nom, la boxe est plus qu’une passion, c’est un mode de vie rigoureux. Le BFGB est une grande famille où chacun évolue et apporte son expérience aux autres, l’idée de la transmission sportive ressort j’espère dans mes prises de vue « .

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Villejuif Boxing Show : Pascal Arène sait ce qu’il veut !

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C’est un homme passionné qui propose le Villejuif Boxing Show le 15 mars à venir. Pascal a la passion du ring et des boxeurs à tel point qu’il fait de son engagement un vrai sacerdoce. Représentant de la WMC en France, il n’en oublie pas son rôle de coach et celui de promoteur. Malgré un emploi du temps chargé à souhait et à quelques jours de la soirée, il a répondu à nos questions dans une entrevue exceptionnelle.

Pascal Arène et Xavier Lafaye (arbitre international WMC)

Comment ça va ? Ca va bien Jérôme, très bien.

Où en es-tu à quelques jours du Villejuif Boxing Show ?  On est en plein boulot, c’est la dernière ligne droite, les derniers réglages, entre l’organisation et la fin de préparation de nos boxeurs.

Le main event est le jubilé de Bakari Tounkara face à Karim Benmansour. Quelle est ton histoire avec « Bak » ?  Tout d’abord, je tiens a remercier Karim d’avoir accepté ce combat, c’est toujours difficile pour un entraîneur qui est a la fois le promoteur d’un gala de préparer la fightcard et encore plus quand il s’agit du dernier combat de son premier grand champion.
Mais avec la belle et longue carrière de Bakari, je ne pouvais pas présenter au public un combat contre un faire valoir, il fallait un champion, un champion avec des valeurs. Karim correspondait a ce que je recherchais et il était disponible.
Ils se sont déjà rencontrés tous les deux, c’était un très beau combat, je suis certain que cette revanche et donc ce jubilé sera sensationnel.
Bakari est avec moi depuis qu’il fait des combats au KO, aujourd’hui son palmarès affiche 115 fights, cela fait plus de 20 ans !
On s’est construit ensemble, lui en tant qu’athlète moi en tant que coach ! Bakari a boxé sur les plus grands plateaux Français, les Bercy de l’époque du grand Canal+ et de Samy Kebchi, les TK2 de Aix… et voyagé dans de très nombreux pays et pris
des titres, des ceintures, des médailles, jusqu’au SportGames à Pékin. On a gagné, on a perdu mais on s’est toujours régalé. On a pris du plaisir et c’est cela le plus important comme ce magnifique gala Ile-Maurice Vs France avec Johnny Halliday en parrain de la soirée avec nous dans les vestiaires !

C’est un événement où dans tous les combats il y aura un boxeur de ta team, l’Academies des Boxes de Villejuif. Ca te tenait à coeur de promouvoir les membres de ton club ? C’est clair, nous avons une grosse team, mais il nous manquait notre gala, chez nous a Villejuif. Je tiens a remercier Monsieur Le Bohellec Maire de notre commune pour son engagement à notre côté, sans son appui le VBS n’aurait pas vu le jour.
Je remercie également nos deux élus aux sports et les Services de la Jeunesse et des Sports et de la Communication pour l’énorme travail et soutien qu’ils nous ont apporté depuis le début de l’organisation de ce grand gala International.

Quelle relation il y a entre toi et les membres de ta team ? C’est un lien fort essentiel dans ton fonctionnement ? Nous avons une relation forte entre entraîneurs et boxeurs, pour moi je dirais même qu’elle est essentielle.
Avec l’ensemble du staff de l’Académie, messieurs Sidy Koné, Laurent Lutz, Samake Tomboron, Florent Guilon, Mamadou Diambang et Flavien Granet nous veillons à conserver cet état d’esprit. Nous sommes un club formateur, une famille d’ailleurs après le départ de notre président historique Francis Hamdaoui, c’est son neveu Jeremy qui a pris la présidence.
Les Berthely, Reine, Kébir, Saoudi pour ne citer qu’eux ont étés formé chez nous et sont encore là, des années et des années après…c’est cela notre force. C’est aussi ce que nous voulons transmettre. Nos coachs aussi sont d’anciens compétiteurs de notre team, ils ont choisis de rester, de passer leurs diplômes et de continuer le boulot.

Tu restes néanmoins un coach exigeant. C’est une qualité fondamentale pour amener des boxeurs au plus haut niveau ? Oui l’exigence et la discipline, sans ces 2 éléments tu ne peux pas avoir de très bons résultats, c’est même impossible. La boxe demande beaucoup, de sacrifices, du temps, de la souffrance mais au bout c’est tellement beau que cela mérite de les faire, mais il faut avoir faim !

Quel est le rôle le plus dur : coach ou promoteur ? Promoteur tu montes un plateau, une organisation, tu as une date, un objectif, tu bosses dessus et une fois que c’est fait tu souffles.
Coach c’est un engagement, tu as des boxeurs à faire évoluer qui ont confiance en toi, tu les accompagne dans leurs choix, dans un moment de leur vie plus ou moins long mais pendant cette durée tu vies avec eux. Tu les vois plus que ta famille et eux la leur ! C’est autre chose…

Quel est ton but avec le Villejuif Boxing Show ?  Mon but avec le Villejuif Boxing Show est de donner à nos boxeurs un gala à la hauteur de leur team, de notre Académie et de permettre comme le souhaitait également Monsieur Le Maire aux Villejuifois de voir leurs champions boxer à domicile.

Quelques mots pour finir ? Pour terminer Jérôme, je tiens a remercier ceux qui ont toujours étés à nos cotés, et j’ai une pensée pour ceux qui ne sont plus là. Merci à l’ensemble de nos partenaires et je vous donne rendez-vous le 15 mars. Nous sommes déjà à guichet fermé mais pour ceux qui ne peuvent assister à notre gala Canal+ notre diffuseur proposera un premier passage le mercredi 20 mars.

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Matthias « The Fire » Riccio

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Par Luxo . Crédit photo : Facebook de Matthias Riccio avec son aimable autorisation 

Pionnier du MMA français, enseignant, compétiteur dans l’âme et toujours prêt pour un défi sportif, sa parole fait autorité car il transpire sur les tatamis et les rings du Sud-Ouest depuis plus de 20 ans… et n’est pas prêt de s’arrêter.
Fort de sa gouaille, de son verbe haut mais surtout de sa posture d’expert du combat sous toutes ses formes, Matthias se prête pour fightinfos.com au jeu de l’interview, après un titre mondial en Jiu Jitsu aux côtés de son coach et compère Thomas Loubersanes.

Salut Matthias ! L’interview publiée en 2017 te donnait la parole sur des thèmes divers, ton parcours et celui de ton frère Damien, ta vie de coach et ton point de vue sur les sports de combats en France … Alors, quoi de neuf en cette fin 2018 ? Pour un homme qui comme moi rajeunit à vue d’œil, tout est neuf !
Depuis le gala-hommage à mon frère Damien, en Avril 2017, j’ai opéré un léger « délestage » de quatorze kilos… Durant cet évènement hautement symbolique, j’avais repris un kata qui m’avait valu un titre de champion de France de Karaté par le passé, ma sœur l’ayant appris aussi, nous avions traversé cela avec nos valeurs martiales, en famille.
J’avais par contre remis les gants « au talent » et avec tout le respect dû à mon partenaire ce soir là, j’avais boxé sur mes acquis…. tout en ayant peut être conscience d’un chemin restant à mener pour retrouver ce que je suis aujourd’hui.
Après, sur le plan personnel ou en terme de résilience, il y a eu du bon et aussi du mauvais, ce gala a consacré mon besoin viscéral d’échéances pour me prendre en main.
J’ai par le passé stoppé ma carrière à 27 ans et aussi étonnant que cela soit pour les non initiés au combat, j’avais en moi l’idée qu’à 40 ans, mon lien avec la situation d’opposition n’était pas fini !

Quelle forme cela a-t-il pris, concrètement ? Par des choses peu connues ici mais qui m’attirent, au Pérou et dans un voyage axé sur le chamanisme. Ce voyage a clôturé une période de deuil très dure, un cap à passer par rapport à l’évolution de la relation avec mon frère, dont la présence dans tout ce que je fais est une évidence.

Quelles conséquences au retour en France ? Des changements majeurs comme l’arrêt du travail de nuit par exemple et la mise en œuvre de projets divers, liés au sport sous toutes ses formes en tant qu’enseignant de Kick Boxing/ K.1 ou MMA. Parallèlement, en tant que pratiquant, je suis au cœur d’une étape de vie pressentie mais inespérée : mon retour en compétition en Jujitsu brésilien, où je redeviens « élève », en quelque sorte.

En quoi cela est-il possible et pourquoi à Toulouse ? Du fait d’une belle connexion humaine et sportive avec Thomas Loubersanes, un coach et pratiquant de haut niveau qui me malmène sur les tatamis et qui à 38 ans défie les plus jeunes en toutes catégories (et leur met des branlées d’ailleurs !).
Ce garçon m’a mis sur les rails d’un projet compétitif, en l’occurrence le championnat d’Europe de JJB à ROME en Avril 2018, en me poussant vers le haut et en constituant une belle équipe autour de lui et de son maître de Luta Livre (Roberto Leitao, légende vivante de ce sport au Brésil).
Ce dernier était présent suite à l’invitation de ses élèves français et retrouver la compétition dans ce cadre était parfait, sous le regard de Thomas qui m’a très bien coaché. Maître Leitao, du haut de ses 82 ans a insufflé un mental de vainqueur à tous…
Le résultat a dépassé nos espérances avec 19 médailles pour la délégation (essentiellement) toulousaine, et dans mon cas de belles sensations qui donnent envie d’aller plus loin.

Thomas Loubersanes et Matthias Riccio

Peux tu préciser les choses sur les compétitions de ROME puis aux USA il y a peu ? Il faut imaginer d’où je viens et mon style initial, qui valorise l’esprit guerrier et la recherche du KO, initialement…
En JJB, cela marche peu, il faut marquer des points et soumettre, c’est un renouveau complet pour moi que d’approcher un sport aussi tactique et d’admettre que parfois le passage en force ne marchera pas !
A Rome, j’ai entamé le plus mal possible les choses dans ma catégorie (Master 3, Ceinture Violette, de 41 à 44ans, en -97kg), j’ai essuyé une vraie raclée devant le champion d’Europe en titre en voulant passer tout en puissance, en m’échauffant trop… J’ai vraiment subi un déclic, en voyant l’aspect vain en JJB de mon approche, toujours trop liée à mon vécu en MMA ou Kick Boxing.
Suite à cela, Thomas a choisi de m’inscrire en « toutes catégories » et j’ai eu la chance de pouvoir prendre ma revanche contre le même adversaire que j’ai cette fois bien battu. Au tour suivant, contre un italien de 130kg, j’ai aussi vu que j’avais de belles attitudes et de la tonicité à revendre, qui me sera utile très bientôt.
En effet, après trois mois d’entrainement, j’ai su performer à Rome ! Donc, cela a guidé nos pas pour la suite : après une préparation intense en Thailande, nous sommes partis aux USA début Décembre 2018, en Californie pour les mondiaux de l’IBJJF.
Dans ma catégorie (Master 3 / Ceinture Violette), je finis champion du monde. Thomas lui est classé n° 5 mondial dans la catégorie reine (Adulte, Ceinture Noire Poids Lourds), il réalise un authentique exploit. L’objectif est atteint pour nous deux.
Cela nous engage à nous frotter aux meilleurs mondiaux, aussi nous irons en Février 2019 à SAN DIEGO où s’entraîne l’équipe ATOS, classée n° 1 mondiale. C’est là que nous comptons progresser, encore et toujours !
Cela me motive et m’engage même à revenir en MMA en 2019, voilà le scoop que je peux confier, sans entrer dans les détails pour l’instant…

Que retires-tu de ton actualité sportive ? J’y vois du sens sur le plan de la continuité d’une force, sur la nécessité d’effacer ma dette et sur ce que j’ai véhiculé pour ceux qui connaissent les Riccio.
De façon plus globale, pour les fans d’arts martiaux et de sports de combats, je sais que la vérité ne se trouve qu’en se mettant personnellement en question.
Car pour moi comme pour mes élèves, nous sommes notre seul et unique adversaire.
J’établis ainsi lorsque je rencontre les gens dans les salles où j’enseigne une forme de « bilan » initial : comprendre ce dont il a besoin et l’amener à la découverte de lui-même.
Cette formule n’est pas une vue de l’esprit, cela s’éprouve au quotidien, sur vos rings, vos tatami, devant vos sacs de frappe… Et à chacun de définir son exutoire, pour ma part la recherche de KO en était un, à chacun de visualiser sa part.

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