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Interviews

Mounir Bounouhi : Trajectoire d’une force tranquille

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Par Luxo . Crédit photo : L’excellent Yann Lévy – Hans luca

Chez les poids lourds, la maturité vient tard paraît-il. Les risques sont grands à s’exposer trop tôt aux coups des hommes forts. Aussi, nombreux sont ceux qui dans l’ombre des salles font leurs armes, patiemment et sans verbe haut. On dit même que certains parviendraient à atteindre un haut niveau sans « trash talking » ni mise en scène puérile… Incroyable, de nos jours, n’est-ce pas ?  Ces sportifs là retirent de leur art martial un véritable art de vivre, un état d’esprit qui fait à terme de grands athlètes et plus tard de grands hommes.

Notre athlète ici interviewé fera-t-il parti des grands noms de demain ? Nous n’en savons rien et cela a-t-il vraiment de l’importance ?  Aux côtés des membres de la Team Alamos, Mounir BOUNOUHI modèle à sa façon l’adage « Deviens ce que tu es », conscient que la route est longue…

Salut Mounir et merci de jouer le jeu de cette interview ! Peux-tu te présenter aux lecteurs et évoquer tes débuts en Muaythai ?

Je m’appelle Mounir Bounouhi, j’ai 30 ans.  J’ai commencé la boxe en 2005, il y a donc 12 ans au « Sampahlang Gym » avec Alain Do-Truong dans le 9ème arrondissement de PARIS. Au départ, j’étais dans ce club le seul à vouloir faire de la compétition.  J’ai commencé à boxer sans protection avec Alain, cela se faisait à l’époque en gala, en cas d’arrangement avec le coin adverse.  Mais c’était plutôt compliqué et rare de trouver des combats en classe « C » dans ce format. J’ai donc rarement combattu en Amateur.  En 2015, Alain a donc décidé de me faire disputer les championnats de France classe « A » -de 91KG où j’ai eu l’occasion de boxer Ludovic Providence et Samih Bachar.  J’ai par la suite rencontré Rodrigo Alamos par le biais de mon ami Adyl Kodja. J’ai rejoins l’école du « Team Alamos », une suite logique en lien avec ma recherche d’évolution.  Je suis donc passé de 3 entraînements par semaine à 6 (voir 10 en préparation pré-combat).  La transition s’est faite naturellement, j’étais demandeur et Rodrigo est une bête de travail.  J’ai intégré une équipe de combattant chevronné.

Quel est ton combat le plus important à ce jour ?

Le combat le plus marquant est celui contre Karim Bidouch combattant expérimenté que je respect beaucoup.  C’était ma première fois pour retransmis à la télé, mon premier combat dans les règles du K 1 et aussi une première avec Rodrigo dans mon coin. On avait beaucoup travaillé ce format et la transition s’est plutôt bien passée avec une victoire avant la limite.

Le Muaythai, est ce dû au hasard ou un choix ?

J’ai entendu parler pour la première fois du Muay dans le film « Kickboxer », comme pas mal de jeunes je pense. Plus sérieusement, mon oncle pratiquait ce sport à Oran, en Algérie, et c’est d’ailleurs là que j’ai fait mon premier cours. En rentrant en France, un ami m’a conduit dans le 9ème. Et c’est la que ça a commencé, depuis ce jour là on « vit » boxe.

C’est-à-dire ? Tu organises ta vie professionnelle et privée en fonction de ton sport ?

Sur le plan professionnel, je travaille chez ORANGE en tant qu’administrateur système. On a entrainement du lundi au Samedi, avec Rodigo et l’ensemble du team, on fait en sorte d’être le plus professionnel possible en étant présent un maximum. Après le travail et avant l’entrainement, je me pose un peu (sieste et collation), rester devant un ordinateur toute la journée ça fatigue bien l’esprit. Quand un gros combat se présente je suis obligé de prendre des jours de congés pour pouvoir me préparer à fond. Pour le coté famille, avec tous ça c’est vrai que les moments en famille ou avec les amis se font plus rare, mais mes proches connaissent la passion que j’ai pour ce sport donc on fait en fonction !

Quel intérêt pour ce sport, son pays d’origine et sa culture ?

J’ai visité la Thaïlande tardivement, la première fut un voyage solitaire pendant un mois au camp « Sitsongpeenong » de Bangkok. Depuis que je suis avec Rodrigo je n’éprouve plus vraiment le besoin de passer un mois dans un camp. On a ce qu’il faut ici, il me semble, si on s’en donne les moyens.

La structure où tu t’entraines actuellement, peux tu nous la présenter ? En quoi sert-elle tes objectifs ?

Actuellement, je m’entraîne entre Quincy sous Sénart et le club Daumesnil Paris XIIème. Les deux lieux combinés, nous arrivons à faire des séances de condition physique et des séances de boxe et de techniques. On tourne souvent avec divers sparrings partners : les poids vont de 57 à 130kg dans ce team, il y a de quoi faire ! J’ai l’occasion de tourner avec des boxeurs expérimentés comme Mohamed Souane, Yassine Ahaggan qui est dans la juste en dessous de moi en terme de poids (-86Kg) ou encore Malik Aliane.

Sur le plan de la préparation, que peux tu dévoiler de la méthode de Rodrigo Alamos ? Est-ce que cela t’incite à te projeter comme coach toi aussi ?

Rodrigo ne nous dit pas ce que l’on va faire pendant les séances… c’est surprise lol Des fois ça fait mal, ça nous permet aussi de nous sortir de notre zone de confort mais ça reste toujours bien organisé, par exemple on ne fera jamais 2 jours de fractionné au sac d’affilée, notre temps de récupération est pris en compte.
Dans une semaine d’entrainement il y a des circuits training, des sparrings, du travail à thème et technique, des paos, des fractionnés sac/piste… Pas le temps de s’ennuyer !
Pour la partie enseignement, j’aide de temps à autre mais je reste compétiteur avant tout et cela prend du temps. Après ma carrière en compétition, pourquoi pas, on verra bien.

Ton intérêt pour le Muay est-il exclusif ? Te voit-on aussi en K-1 ?

Avant t’intégrer la Team j’étais plutôt frileux sur le K-1. Mais au final j’aime les 2. Même si le muay est mon premier amour.

A ton poids, l’accès à des grosses organisations est-il un objectif ?

Mon objectif premier est de boxer, les lieux importent peu…Si un jour j’arrive à être dans de grosses organisations, j’imagine que ce sera bénéfique mais doit-on focaliser sur cela ? On fait d’ici là notre petit bout de chemin, sans prétentions et avec de l’engagement, c’est déjà pas mal !

Quels objectifs pour cette saison ? Sur le plan sportif et personnel ?

Mon seul objectif, c’est de boxer… j’ai déjà remporté le championnat de France classe A FFKMDA en Muay l’an passé, et j’avais échoué dans celui de l’AFMT. Donc décrocher la ceinture classe « A » de l’AFMT serait une bonne suite, j’ai le désir que les organisateurs de combat aient mon nom en tête dans les années à venir donc j’ai besoin de davantage de visibilité et de titres.

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