Il faut sauver le pieds-poings français !

Il faut sauver le pieds-poings français ! Car il ne faut pas se voiler la face : nous allons vers une véritable régression du système qui glisse doucement vers sa perte par manque de fiabilité et peut être même de professionnalisme.

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Dans un premier temps, il y a l’explosion des « médias » : c’est devenu monnaie courante de mettre en place un site ou blog, gonfler les statistiques des réseaux sociaux à grands coups de programmes informatiques et s’auto-proclamer « spécialiste » sans avoir une réelle connaissance du pieds-poings. C’est un mal profond entretenu par la course à la reconnaissance qui gangrène nos sports. On se retrouve avec des reportages signés par des individus sortis de nul part et qui finalement faussent complètement le jeu. Il n’y a qu’à lire certains reportages qui, quand ils ne sont pas des plagiats, sont des tissus d’erreurs dûes au simple fait que la lecture des combats est faussée par l’absence d’expérience et de méconnaissance du pieds-poings. Il est important d’entretenir un pluralisme médiatique sans pour autant autorisé tout et n’importe quoi.

Il y a aussi ce sentiment de servitude : on se sert du pieds-poings, on ne le sert plus. Nous voyons arriver tous les corps de métier autour de nos sports : de la photo au cinéma en passant par la préparation physique, la nutrition sans oublier l’équipement sportif, tout est bon pour s’appuyer sur le pieds-poings pour lancer un business. Prenons un exemple : la photographie. Nous n’avons jamais vu autant de photographes spécialisés pieds-poings actuellement ; malheureusement, il y a beaucoup de supercheries dans le lot et on se retrouve avec un travail de mauvaise qualité qui prend le pas sur le bon. Nous invitons les promoteurs ou organisateurs à faire le tri et laisser les vrais acteurs du pieds-poings faire le job.

Certains boxeurs ont leur part de responsabilités ; il est évidemment plus facile de chercher l’aisance que la difficulté. En cas de défaite, on  se retrouve parfois avec des compétiteurs incapables d’auto-critique qui n’ont que pour seul argument leur entourage qui n’y connaît pas grand chose il est vrai. Où est passé le « il était meilleur que moi » humain et honnête ? A peine classe A ou pro (selon la fédération), ils sont de plus en plus nombreux à disputer des titres internationaux sans aucune représentation internationale. Plus dure est la chute, surtout lorsque ces boxeurs sont confrontés à l’élite, la vraie et essuient de sérieuses déconvenues.  Cela explique les nombreuses défaites françaises en 2015 hors de nos frontières car les échéances d’importance sont obtenues sur le simple fait de faire le buzz sur les réseaux sociaux ; on croît rêver. Etre champion du Monde dans une division signifie être le meilleur alors lorsque vous disputez un titre, regardez bien qui il y a dans votre catégorie, le tout avec une dose d’humilité. On a l’impression qu’il suffit de faire un bon fight face à un nom, pour devenir un leader, la victoire n’étant même plus impérative. Rappelons que sur le ring, la place de second ne compte pas.

Que dire des critiques faites aux grandes structures sous le seul prétexte qu’elles n’ont pas retenus les bons boxeurs ? Là encore, les promoteurs sont interpellés pour que leur soit assénée la vérité par des rois du clavier qui n’ont rien proposé auparavant. On ne fait pas durer un show pendant des années sans avoir certaines aptitudes mais également une connaissance de la science pugilistique. A bon entendeur …..Sans aucun recul sur leur propre parcours, on voit de plus en plus de boxeurs envoyer « des candidatures spontanées » à paraître ici et là pour être programmer dans des soirées majeurs. Où est le travail d’introspection nécessaire à devenir un champion, un vrai ?

Nous poussons ce coup de gueule en ce début d’année qui prête aux bonnes résolutions. Et puisque c’est la période des voeux nous n’en formulerons qu’un : revenir aux fondamentaux. A force de copier, imiter, le niveau n’est plus le même et on tend à la régression plus qu’a la progression. Il ne faut plus tomber dans ce piège et reprendre vite le goût de l’effort et cette abnégation que seule la salle vous permettra de trouver. Au risque de jouer les vieux cons, il y a quelques années, il fallait faire ses preuves. Désormais c’est presque le contraire : tout est dû sinon on est pas sympas, égoïstes ou encore prétentieux (nous vous épargnons les qualificatifs un peu plus graveleux). Il est temps de revenir aux fondamentaux disions-nous, sous peine de se retrouver dans quelques années avec des sports sans avenir, de simples moyens de faire parler de soit ou d’être reconnu pour faire bien sûr le cv. Quelle tristesse !

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