Fight Night Saint Tropez, une page se tourne pour JLB

à Olivier Muller

Qu’elle était belle cette Citadelle de Saint Tropez le soir du 4 août ! La pesée avait été magique devant environ 500 personnes venus saluer une dernière fois un monstre sacré et en découvrir un autre. Car finalement la symbolique est bel et bien là : Jérôme Le Banner a transmis le flambeau de la notoriété à Yohan Lidon qui a enflammé le public durant deux jours. Et quel public ! Ils étaient venus en nombre assister à ses adieux particuliers d’un champion au ring : Gérard Lanvin, Clovis Cornillac, Joey Starr, Enrico Macias, Thomas Langman, Vincent Lagaff, Jean Michel Aulas, Jean Roch, David Ginola et bien d’autres donnaient un petit de coup de nostalgie des grandes soirées de l’époque sous l’ère Samy Kebchy. Saint Tropez était prête pour ce qui allait être une véritable communion entre spectateurs et acteurs d’un troisième opus où les talents s’en sont allés, confirmés ou encore édifier. Maître de cérémonie, Olivier Muller a vécu une soirée intense physiquement et psychologiquement. Marc Iglicki épaulé par Jean Paul Maillet a eût le lourd privilège d’être le speaker de cet événement pour rendre hommage à Pascal Iglicki qui a forcément apprécier cette Fight Night de là-haut. Retour sur la 3ème Fight Night (la 4ème est déjà lancée avec du très, très lourd) !

DSC02749

JLB raccroche les gants

Joey Starr au micro harangue la foule rappelant que c’est la dernière fois qu’elle verra son champion en activité. Il arrive coiffé d’une énorme coiffe indienne et essaie de profiter de chaque mètres à parcourir l’amenant au ring. A 42 ans Jérôme Le Banner n’a plus rien à prouver ! Son palmarès tout le monde le connaît, bon nombre de ses combats sont entrés dans l’histoire du kickboxing moderne. Mais voilà, tel acteur d’une pièce de théâtre, Jérôme devait tirer sa révérence. Face à lui, l’américain Karl Roberson n’est pas venu faire de la figuration. Ce boxeur made in USA a fait trembler la Citadelle son illustre adversaire qui n’est jamais rentré réellement dans son match. Que peut-on avoir dans la tête lorsque l’on s’appelle Le Banner et qu’on livre son dernier récital entre les cordes ? Malgré sa carrure, sa puissance hors du commun, il n’en reste pas moins humain et on peut tout de même regretter certaines réactions d’après fight sur les réseaux sociaux ; à cela il faudra rappeler que l’on parle bien d’un homme mais pas d’une machine. Aucun boxeur ne sait gérer au mieux son dernier match et ses à côtés, ils furent nombreux. Bien sur que le français n’a pas livré le match de sa vie c’était impossible, il fallait être sur place et dans les coulisses pour comprendre ce qui se passait.

DSC02738Et puis Robertson les a envoyé comme il faut, secouant son adversaire à 2 reprises. Que dire de ce premier voyage au tapis du Normand le premier surpris après l’arbitre qui en oubliera de compter JLB. Le deuxième est le bon ; Jérôme est down à nouveau et seule l’indiscipline de l’américain lui permet de récupérer. La règle stipule bien que l’arbitre doit commencer à compter quand l’adversaire est dans le coin neutre. C’est indéniablement le tournant du match. Le normand va de surcroît usé du low kick (l’américain s’en sort avec un gros hématome sur la cuisse) et obligé l’arbitre à de nouveau mais cette fois Karl Robertson qui ne s’est pas plaint d’une frappe dans la coquille comme évoquée parfois. Finalement, les deux hommes vont se neutralisés peu à peu jusqu’au coup de gong finale, laissant aux juges le soin de donner le verdict. Il ira en faveur du français qui met du temps à savourer mais surtout à comprendre que c’est fini. Il laisse exulté sa joie ; pas celle du vainqueur d’un championnat du Monde WKN mais celle de l’homme libéré de cette pression qui pesait depuis des mois. Jérôme Le Banner a raccroché les gants le 4 août 2015 23 ans après avoir débuté entre les cordes. Cette ultime sortie faite devant Brice Guidon, René Pollet, Philippe Gomis et les autres mais aussi de sa femme Mélissa, cette sortie disais-je clos son histoire pugilistique même si nous pouvons le dire, nous n’avons pas fini d’entendre parler de Jérôme Le Banner !

collage1

Lidon soigne son entrée

Chronologiquement, Yohan Lidon passait juste avant JLB ! Celui que beaucoup considère comme la nouvelle locomotive du pieds-poings français, affrontait le très solide brésilien Jonatan Oliveira. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une première, il a fallu être patient pour résoudre l’équation posée par Mikael qui s’est montré particulièrement percutant en poing.

DSC02709

En homme d’expérience, Yohan qui a fait son entrée sous les acclamations dans une ambiance très gypsy, a compris qu’il fallait séduire comme il se doit le public de Saint Tropez et donc ne pas tomber dans le piège tendu par le brésilien.

DSC02693Aux frappes en jambes du Français, Oliveira contre sèchement en crochet comme en uppercut et surprend à plusieurs reprises Lidon sans pour autant l’ébranler, il n’est pas surnommé le bûcheron pour rien. Lorsque l’on a le meilleur coach de France dans son coin, on applique à la lettre ses consignes à la lettre. Yohan exécute à la lettre ce que lui dit Nasser Kacem, à savoir casser les appuis ! Il shoote lourd en bas et perturbe la boxe de Mikael qui reste particulièrement dangereux en contre. En homme d’intelligence le sociétaire de la team Nas-R.K va pourtant un premier décompte sur un coup de coude magnifique. Le match bascule ! Il impose désormais son rythme et sa distance. Débordé Oliveira sert les dents mais une série le secoue durement. Compté, il ne repartira pas dans cette troisième reprise. Succès total pour Yohan Lidon qui réussi son opération séduction avec la manière. Il assume de la tête et des épaules le rôle qui l’attend sur et en dehors du ring.

collage2

Lizzie Largilière se révèle

Elle aussi découvrait la Fight Night Saint Tropez. Lizzie Largilière relevait le défi d’un championnat du Monde de boxe thaïlandaise face à la combattante du Siam, Petchoydying Mor. Motivée comme jamais, Lizzie n’a pas manqué ce grand rendez-vous ! Coachée par Alain Bonadéi et Gafary Boussary, la murétoise a imposé son rythme tout au long du combat. Petchoydying Mor qui axait essentiellement sur des contres n’a pas réussi à endiguer le rythme imposé par son adversaire qui a varié sa boxe tout au long du combat, étouffant son adversaire avec un gros fond de coup. Comptée sur une série dans la 4ème, la thaïlandaise ne reprendra pas à l’appel de la 5ème reprise, laissant filer le titre de championne du Monde WMC à la française qui peut savourer ce succès avant la limite dans une discipline où on l’attendait pas, le muaythai.

collage3

Fabrice Aurieng en mode patron 

On attendait beaucoup de ce combat franco-français chez les lourds. Cette opposition entre Fabrice Aurieng et Yuksel Ayaydin a tenu toutes ses promesses, le marseillais étant particulièrement bien en jambe. Précis, il s’appuie sur ses poings pour faire mal et trouver des failles. Yuksel use bien du retrait du buste, tente les remises en jambes mais il reste moins actif. « Big boy » ne prend pas de risque lui non plus mais se montre redoutable dans la remise. Sur un crochet splendide il envoie Yuksel Ayaydin au tapis. Compté, ce dernier repart au combat et essaie de trouver la faille dans cette garde compacte du réunionnais qui continue de marquer ses points. Sans se précipiter, Fabrice trouve de nouveau la faille dans la 3ème reprise et inflige un nouveau décompte à son rival. Le match ira tout de même à son terme et Fabrice Aurieng sera déclaré logiquement vainqueur aux points.

collage4

Made in Russia

La Russie avait envoyé 2 de ses représentants pour la Fight Night où les spectateurs venus de ce pays étaient en nombre.

DSC02689Alexei Papin croisait le fer avec Danyo Ilunga et le moins que l’on puisse dire c’est que les deux hommes ne se sont pas dérobés devant leurs obligations de boxeur. D’emblée Papin envoie du lourd comme le veut l’adage populaire et secoue durement son adversaire quelque peu surpris par cet entâme de match. Papin est un colosse qui travaille en puissance et revient sans cesse à la charge. Danyo qui avait dans son coin Remy Bonjasky rentre peu à peu dans le match avec des frappes solides en jambes et ponctue avec les poings. Ce dernier se met à distance mais doit faire avec la vélocité de son rugueux adversaire qui sort les coups de pied retournés. Le public apprécie d’autant que les deux hommes vont tout donner jusqu’au bout. Vainqueur logique aux points, Alexei Papin signe un succès marquant face à un homme classé au Glory et qui a signé 85% de ses victoires par des KO.

DSC02648Alexander Vezhevatov était le joker de Wladimir Mineev face au belge Filip Verlinden. Plus petit Alexander est très agressif et explosif entre les cordes. Dans cette opposition de styles, Verliden se montre le plus technique et très à son avantage à sa distance. Il marque ses points mais doit faire avec les charges de son opposant qui travaille en série courte et puissante. Les rounds passent et se ressemblent et si l’activité est à mettre au compte du belge, l’efficacité est indéniablement côté russe. Ce sera suffisant pour les juges qui donneront la victoire Alexander Vezhevatov  au détriment de Filip Verliden qui méritait mieux.

Dure soirée pour les français

Trois autres français étaient au programme de cette Fight Night. Bakari Tounkara ouvrait la soirée face à l’italien Sharos Huyer. S’il démarre bien la rencontre, Bakari va avoir du mal à gérer la fougue de son rival qui travaille en crochets larges. Avec une boxe peu académique, l’italien empêche le français d’imposer sa boxe et il s’impose finalement aux points. Opposé au thaïlandais Yodwicha Por Boonsit dans le cadre d’un championnat du Monde WMC, Jimmy Vienot s’est montré courageux mais ce n’était pas suffisant face à ce thaïlandais qui a fait l’étalage de sa science du ring. Usant en corps à corps, Yodwicha provoque, danse à la minute de repos en toute décontraction. Il s’impose logiquement aux points en affichant une impressionnante décontraction sur le ring. Enfin chez les lourds, Zinedine Hameur Lain était opposé à l’espagnol Franck Munoz. Le français, fidèle à lui-même s’est montré très entreprenant et a souvent l’initiative. Munoz a la limite de la régularité parfois s’est montré le plus puissant. Il sera déclaré vainqueur aux points de ce match, décision sévère à l’égard de Zinedine qui avait fait le match tout au long des rounds.

collage5

Fight Infos Facebook