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Reportages

Eddy Nait Slimani, précurseur d’une nouvelle ère

eddy3Et si Eddy Nait Slimani était le précurseur d’une nouvelle ère ? C’est la réflexion que nous nous sommes faites en constatant l’intérêt des médias télévisés à son endroit. L’équipe 21, Kombat Sport, Canal+, Access 365, il est de partout et fait l’unanimité autour de lui.

Jamais un boxeur issu d’une « petite » catégorie  de poids avait autant suscité l’intérêt de grandes chaînes auparavant. Il faut y voir ici une véritable révolution en ce qui concerne le pieds-poings qui s’est trouvé à travers lui, un nouvel ambassadeur. Et lorsque l’on connait bien le bonhomme, tout devient évident. Allocution, présentation, performances sportives autant d’éléments qui donnent envie aux supports télévisuels de s’intéresser à ce sportif de haut niveau. Une fois encore le travail paie et si la France n’a pas attendu après la petite lucarne ou les gros circuits pour reconnaître le talent de Nait Slimani, elle peut s’enorgueillir d’avoir une telle sollicitude. L’hexagone est en passe d’offrir au Monde un champion de la trempe de Giorgio Petrosyan même si le français devra confirmer dès samedi sur le ring.

Cette exposition médiatique doit imposer une évidence importante : lorsque l’on se positionne en tant que professionnel et que l’on assume ce choix jusqu’au bout, des ouvertures sont à la clef.

eddy4A travers Eddy, il faut saluer le travail de David Blanc qui impose des règles à tous les prétendants désirant porter les couleurs du Pro Team GBL (Eddy a dormi plusieurs semaines sur un canapé lorsqu’il est venu à Mazan pour collaborer avec David Blanc qui lui a fait passer un vrai test à l’instar de ce qui se fait dans les clubs hollandais). Partie de rien, cette team a gravi les marches une à une grâce à David, son associée, Magali Hodoul et une formidable équipe de passionnés. Ils ont réussi à attirer l’attention du groupe Canal+ ou de grandes sociétés comme Adidas à travers leurs différentes productions. Ce n’est pas rien lorsque l’on est une petite ville du Vaucluse (ndlr : Mazan), loin, très loin de Paris où à une certaine époque, tout s’y passait.

Bien sur, nous n’en sommes qu’au début d’une ultra médiatisation des boxes pieds-poings. C’est un nouveau marché pour les télévisions, un marché fébrile qu’il va falloir pérenniser avec une crainte : celle que tout aille très vite (trop ?) sans construire réellement. Car une époque où le so fast est roi , il y aura des travers de la part de ces nouvelles chaînes qui se plient aux exigences d’un seul dieu : l’audimat. C’est une réalité qu’il ne faudra pas oublier avec le souhait tout de même que les journalistes prennent le temps de l’investigation avant d’annoncer n’importe quoi aux grands publics.

eddy2Les différentes programmations TV apportent la professionnalisation que nos disciplines attendaient. Charge aux fédérations délégataires d’oeuvrer dans ce sens même si cela doit engendrer de profonds remaniements. Il est désormais temps de sortir des tiroirs ce statut professionnel que personne ose mettre en place devant la complexité de la tâche qui se dresserait. C’est le moment ou jamais de donner aux boxeurs la possibilité de vivre de leur sport et pouvoir rivaliser avec les meilleurs dans des conditions optimales de préparation.

Pour tout ce qui est évoqué, Eddy Nait Slimani est un précurseur ; il a sur les épaules ce statut d’athlète médiatisé qui impose l’excellence. Dans un programme du Glory difficilement lisible, il est au centre de toutes les attentions. Le droit à l’erreur n’existe pas à ce niveau, tout se paie cash sur et en dehors du ring. Le combat de ce week end n’est pas un aboutissement, c’est un nouveau virage dans sa carrière, le début d’une nouvelle aventure. Ultra-sollicité, il peut s’appuyer sur son coach pour veiller à ses intérêts en toute quiétude. Eddy peut boxer sans se soucier de quoi que ce soit. Avec une volonté commune  de ne pas faire un coup mais bien d’écrire plusieurs grandes lignes de l’histoire pugilistique française, le duo offre une belle leçon d’humanisme, de fidélité entre un coach et son boxeur. Il est loin le temps du canapé pour Eddy …….

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Reportages

L’Europe remet en cause la main mise des fédérations sportives

C’est un article très intéressant paru dans Le Point qui nous a fait bondir : A travers sa commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager remet clairement en cause la main mise des fédérations sportives sur les sports qu’elles régissent. En résumé, elle estime qu’une fédération de tutelles ne peut en aucun cas ne peut faire interdire un événement privé.

L'Europe remet en cause la main mise des fédérations sportives

Evidemment, cette annonce faite en décembre dernier est un véritable coup de tonnerre parmi les disciplines sportives les plus en vue comme le football qui voit clairement arriver la menace d’une concurrence qui pourrait faire des dégâts.

Et le pieds-poings, qui fait figure d’épingle dans la botte de foin de la jungle sportive, n’échappe pas à cette règle même si pour l’instant aucun cas ne fais jurisprudence. La raison est simple : actuellement la loi française est bien plus complexe que la loi européenne et ce serait forcément compliqué de tenter une telle aventure. Pourtant compliqué ne veut pas dire impossible, bien au contraire.  L’entreprise sera difficile car les pouvoirs publics français veille mais l’organisateur qui ira jusqu’au bout de son projet, ouvrira une brèche.

Evidemment, le système à ses failles comme la professionnalisation du statut de l’athlète qui se verra contraint de payer ses charges à l’état en tant que salarié et il en va de même pour le promoteur qui devient employeur pour le coup. L’appellation « pro » prendrait tout son sens même si encore une fois, il est possible de faire autrement

C’est en cela que les fédérations qui régissent nos disciplines ne sont pas inquiétées car, en France, il n’y a pas de promotions professionnelles hormis les circuits. En revanche ce peut être un véritable contre-pouvoir qui obligerait les instances fédérales à plus de dialogue et d’écoute envers les clubs.

Les mois qui viennent s’annoncent passionnant car il va y avoir évidemment des tentatives de ce que l’on pourrait appeler une émancipation. Ce qui entrainera des batailles juridiques sans précédents, souvent longues mais qui pourrait déboucher sur une évolution de nos disciplines. Une certitude les choses vont changer ! Il ne peut en être autrement même si cela prendra un peu de temps. Selon le droit européen, une entreprise pourra désormais mettre un circuit privé ou une compétition privée en place sans un aval fédéral. Ce n’est plus un pavé mais clairement un parpaing qui est jeté dans la marre !

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A la une

Phenix Boxing Only – Enfusion : comme une première !

Elle était attendue cette première édition du Phenix Boxing Only – Enfusion. D’abord il faut bien expliquer que ce nom découle du fait que le promoteur de cet événement n’est autre que Pascal Pastor et personne d’autre. L’Enfusion n’a finalement fait que collaborer avec l’organisateur français qui a du déployer des trésors de patience pour bien des raisons. Comme pour une première au théâtre ou pour la tournée d’un chanteur à succès, il y a eût des instants magiques et des choses perfectibles ce qui expliquent que ce premier opus alimentera les discussions toutes proportions gardées évidemment. Globalement, la soirée fût bonne avec un tournoi qui a tenu ses promesses et quelques sensations fortes distillées par des combats enjoués pour ne pas dire pimentés. Retour sans photo sur cette soirée puisque l’Enfusion a interdit toute prise de cliché par la presse dans son ensemble. Un comble difficilement explicable de la part d’un circuit qui est finalement loin d’avoir la dimension qu’il veut bien faire croire.

Merci mille fois à Pascal Pastor et son équipe qui ont su accueillir dignement les boxeurs malgré un nombre impressionnant de contre-temps de dernière minute qu’il a fallu régler. Déménager cette soirée sur Sallanches était une décision difficile à prendre mais Pastor a tenu bon et si la salle était remplie à 85%, il faut bien admettre que le pieds-poings a peut être trouvé une place dans cette région de France.

Un tournoi passionnant

Il faut bien admettre que le tournoi proposé par Pascal Pastor a tenu toutes ses promesses. Quels rebondissements il y a eût avec d’emblée l’élimination au premier tout de Marvin Monteiro par un Mickael Palandre surprenant à souhait. Il a joué crânement sa chance, sans faire de complexe et c’est passé. Dans la douleur bien sur car Monteiro n’est pas le premier venu. Dans ce combat, il fallait osé et le français ne s’en est pas privé pour finalement prendre un succès qui sera marquant pour la suite de sa carrière. Pour Carlo Bérichon, les choses ont été plus compliquées ; jamais il n’est parvenu à se libérer pour imposer sa boxe face à Youssef Challouki qui allait devenir par la suite le vainqueur de l’épreuve. Le belge a aisément cadré son adversaire pour imposer son travail des deux mains au corps tout en gérant son capital physique. Du grand art puisqu’il s’est totalement libéré en finale pour infliger plusieurs décomptes à Mickael Palandre amoindri par les stigmates d’un premier combat usant. Dans la gestion comme dans la manière de faire, Youssef Challouki a impressionné. Clairement son métier a fait la différence dans ce tournoi où il en ressort que l’expérience était un facteur déterminant.

Bokeme méritait mieux

On attendait avec une certain impatience Ulrik Bokeme. Opposé au marocain Hicham El Gaoui, le congolais s’est montré observateur avant de déclencher des missiles en poing. El Gaoui mouline bien des deux mains, balance cette jambe à l’intérieur mais manque cruellement d’efficacité. En boxeur d’intelligence, Ulrik reste vigilant et poursuit sur le même schéma dans la seconde reprise. C’est vrai qu’Hicham prend l’initiative mais il faut attendre la dernière reprise pour le voir réellement durcir sa boxe. Il se libère peu à peu et trouve des failles dans la garde de Bokeme au point de prendre ce dernier round. Le verdict tombe en sa faveur et c’est un coup dur pour Ulrik Bokeme qui méritait mieux. L’efficacité et la précision des coups dont il a fait preuve auraient dû lui octroyer le gain du match. C’est un coup d’arrêt pour celui qui restait sur une belle dynamique de combats victorieux. L’homme a du tempérament et si la déception était de mise, il aura le coeur pour relancer rapidement la machine.

Carton rouge à Ruby Mesu

Avec 2,6kg de trop sur la limite fixée par le contrat qu’elle avait signé pour ce combat, Ruby Mesu n’a clairement pas respecté son adversaire, Amel Dehby. Pire encore, on a senti une certaine habitude dans la façon de la part de son coin dans la discussion qui a suivi la pesée pour trouver un accord. Rien ne peut être reproché à la française qui avait fait le job en honorant ses engagements. Si des adversaires ont été évoqué, hélas, il a fallu se résoudre à l’annulation d’un fight qui aurait dû être important pour Dehby qui veut affronter les meilleures de sa catégorie.

Rachid Magmadi et son high kick !

Il y a beaucoup à dire sur Rachid Magmadi et son high kick. Déjà c’est une technique qui fait des merveilles chez le sociétaire du club Ebam car c’est la troisième fois qu’il signe un KO à la première reprise avec ses jambes. Son adversaire, Antonin Marconi en a fait les frais malgré une belle entame de match. La force de Rachid c’est son sens du timing : il sait placer ce coup au moment où il faut pour abréger la rencontre. Pour l’anecdote, c’est la deuxième fois de la saison qu’il s’impose de cette manière et de toute évidence, ce succès va lui faire faire un bon au classement Fight Infos – Canal+ chez les -67kg où l’attendent plusieurs défis.

Gross – Iseli, trop électrique

Giovanni Gross et Milan Iseli se retrouvaient pour une revanche avec à la clef la ceinture du Enfusion des -57kg. L’enjeu a clairement paralysé les débats qui se sont fait finalement dans les règles K-1 à la française et non celles plus permissives du Enfusion. Le match a été tronqué par les clinchs à répétition de Milan, perdu dans ce règlement bien trop complexe. Il y a eût de l’énervement chez Gross qui en a oublié sa boxe au grand regret de son coin qui lui demandait de rester concentré. Ce qui a donné au final un match parfois border line, trop même pour laisser décanter les quelques belles actions que l’on a pu voir. En finalité, le français s’est imposé aux points, au bénéfice justement de tentatives plus lisibles malgré un menton en béton du suisse bien malheureux après le match, de ne pas avoir pu s’exprimer comme il le voulait.

Du talent et de l’envie

Dans la carte préliminaire, le talent et l’envie étaient bien présents. Et le match le plus âpre et le plus disputé fût celui qui opposait Chafia Djouahra à Majda Amassafi. La française a dû batailler devant les charges incessantes de l’italienne qui a confondu parfois vitesse et précipitation. Chafia a fait la différence sur un travail varié (genoux, low kick) en réponse au pressing constant des deux mains de Majda qui a tout de même séduit. Thierry Mosimann a lui aussi solide et entreprenant face Adriano Tripoli. Le suisse, a réalisé un finish en puissance pour obtenir le gain du combat. Yoann Mermoux obtient un succès aux forceps face à Victor Bordage qui mérite vraiment une revanche car il s’est montré entreprenant à souhait. Enfin Jaouadi Abderrahim a dominé aux points Hamza Sahli dans un match très animé.

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