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De la pratique à la théorie : portrait de Raphael CHAPELLE

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En lien avec des passionnés, coachs, athlètes combattants de toutes disciplines, LIDF ne promotionne personne : toutes les vérités sont bonnes à dire, aucun parcours n’est exemplaire, rares sont les fédérations ou promoteurs qui n’ont pas commis des erreurs… Toutefois, les rédacteurs du site évoluent dans le milieu pugilistique français d’assez longue date pour arrêter quelques impressions positives et, lorsqu’il s’agit de trouver un thème à aborder, de se tourner vers des personnes reconnues pour leur savoir faire.
Aujourd’hui, via le portrait de Raphaël CHAPELLE (Boxing Club Montalbanais, 82), nous souhaitions vous amener à découvrir un parcours de vie où l’activité sportive confine à une éthique et un véritable mode de vie.
S’il a été dit que la Savate Boxe Française est pour certains « le seul art martial européen », alors c’est bien d’un maître dont nous parlerons…
Titulaire du Brevet d’Etat 2èm Degré de Savate Boxe Française, Brevet d’Etat de Boxe Anglaise, Moniteur de Savate Défense, il est aussi Entraineur National Adjoint de l’Equipe de France de Savate. De ces qualifications, le garçon retire une vraie réflexion sur son sport et sur les activités physiques et sportives. Sports d’endurance, préparation mentale, pratique de l’assaut comme du combat, sans prétentions mais avec passion Raphael CHAPELLE évoque son parcours pour, au cœur de l’intersaison, trouver toutes les raisons de s’entrainer dur pour préparer la rentrée sportive !

raph chapelleQuel est ton vécu pugilistique exact ? Qu’est ce qui t’a conduit à intégrer après ta carrière l’enseignement puis plus tard l’encadrement de l’équipe de France de Savate BF ?

J’ai débuté la savate comme souvent par un heureux hasard : une pratique en UNSS de boxe anglaise, un déménagement dans un bourg où seule la Savate B.F était présente et un ami surmotivé ont forcé le destin !
Le club de Chevigny St Sauveur de la périphérie Dijonnaise et Yves Vincent que je suivrais dans la création du club de Quetigny, en 1988, m’ont accueilli et dirigé en janvier 1987. Après tout s’enchaine assez vite, 1er assaut en mars 1987, 1er stage en aout 87 (Vichy), Gant d’Argent Technique en 1988 et GAT 2ème dégré en 1989. En parallèle je passe les tests pour rentrer au Centre permanent d’entrainement et de formation de vichy sous la houlette de Marc Bregere, j’y serais résident jusqu’à mai 1992.
Durant cette période je serais vice-champion de France juniors et finaliste de la coupe de France de style dans la catégorie super léger.La spécificité du C.P.E.F permettait de poursuivre ses études ou de suivre le cursus de formation Brevet d’Etat d’Educateur Sportif : je me suis engagé dans cette voie et j’ai décroché 2 Brevet d’Etat 1er degré, un en Savate, l’autre en Activité Physique pour tous et un Brevet de Sauveteur aquatique. Je fais ensuite une longue pause consécutive à un service militaire de 22 mois au 27éme Bataillon de chasseur alpin d’Annecy
Officiellement je reprends la compétition en 1996 et je rencontre Pascale Soncourt qui me propose la formation BEES 2ème degrés de Savate et d’intégrer ce qui sera l’équipe technique fédérale, (notamment avec Christophe Neuville).
Les années 96 et 1997 me voient remporter les titres de la Coupe de France de Style a cette période je suis mon propre entraineur et en terme d’entrainement nous ne sommes que 2 compétiteurs dans ma structure (le bonjour amical à Cédric Faydi qui boxe alors avec moi !).
Je me rapproche alors de l’entraineur toulousain Franco Di Guglielmo puis pour préparer le championnat Honneur, je participe en parallèle au championnat de Kick Boxing que je gagne en classe B à Marseille : pour être sûr d’avoir des adversaires je suis inscrit dans deux catégories en -de 75kg et – de 79kg !

Nathalie Barril Liot et Raphael Chapelle

Nathalie Barril Liot et Raphael Chapelle

En 2000, je suis obligé de faire le choix entre le championnat honneur et le championnat technique avec la 1er Coupe du Monde « Assauts » qui se profile : j’opte pour l’objectif international et remporte cette compétition.
Suite à l’obtention du Brevet d’Etat 2ème degré, j’ai continué à m’occuper du club de Montauban et de Cahors, j’ai aussi intégré un Centre Educatif Renforcé puis un Centre Educatif Fermé en tant que professeur d’EPS.

Tout cela impulse une dynamique et une reconnaissance locale, certiains des athlètes que je forme sont récompensés d’un statut de sportif de haut niveau, quelques uns intègrent le Pôle France de Toulouse. Mon expérience de la préparation mentale (méthode énergétique global du corps) m’a permis de me spécialiser dans cette discipline et ainsi de conduire des séances orientées pour les compétiteurs.
J’ai toujours cherché a développé ce qu’on appelle aujourd’hui le « double projet » des athlètes de haut niveau : une carrière sportivement et un objectif professionnel, je pense que ça reste pour moi une grande réussite !

Comment as tu construit ton parcours sportif post combats ? Quelles sensations as tu trouvées en Trail / VTT, etc… ?

L’articulation de ces activités avec la pratique de la boxe s’est imposée naturellement, étant mon seul entraineur pendant 2 années et avec un nombre restreint de sparrings (de bonne qualité mais peu nombreux), j’ai cherché à contourner le problème et à trouver un substitut de préparation.
Mes deux années chez les chasseurs alpins ont développé un goût pour l’alpinisme et les sports de pleine nature. Tout naturellement je me suis servi de ce que je connaissais et je l’ai adapté (peut être pas dans les règles de l’art de la préparation scientifique)…mais de façon à ne pas me dégouter de la pratique boxe, tout en travaillant physiquement et psychologiquement.
Il m’est arrivé de partir sur des treks seuls mais je préfère la pratique de groupe. Le trail est une pratique que je découvre et j’y suis arrivée plus par défi que par réflexion analytique ! Même si on peut jouer le chrono à son niveau de pratique sur des petites distances, je reste dans la finalité où on passe la ligne en groupe dans les grands défis.
Par contre le VTT, la randonnée montagne, le ski de randonnée ont toujours fait partie de ma préparation : c’est un moyen de sortir de la salle de boxe, de partager des moments différents. A l’arrêt de la compétition, ce sont des pratiques qui étaient déjà ancrées dans mon mode de fonctionnement.Remarquons bien que les sport de pleine nature et les boxes ont pour points communs la prise de risque et la mise en danger de son intégrité physique !
On retrouve là des sensations et des émotions proches si on pratique en groupe… Un coach doit avoir une confiance établie avec les boxeurs et partir sur une course montagne encordée avec une ou deux autres personnes nécessite aussi une confiance établie. Dans tous les cas, on doit fonctionner avec une forme de symbiose, on compte les uns sur les autres.
Ensuite, pourquoi un boxeur monte sur ring, pourquoi on gravit une montagne… je ne sais pas ! Mais pourquoi ne le ferait-on pas si on en retire une satisfaction intrinsèque !

raph chapelle , margot bouyjou, christophe neuville

raph chapelle , margot bouyjou, christophe neuville

Quelle perception as tu des sports de salles et/ou de la musculation ? Est ce devenu un apport incontournable pour un coach en sports de combats ?

C’est une question intéressante et polémique ! Certains diront que c’est incontournable d’autre diront que l’on peut s’en passer a minima. Pour ma part je répondrai par une réponse de normand : « oui c’est devenu incontournable de se préparer, non la salle de musculation n’est pas incontournable. »
Le paramètre essentiel reste l’athlète : l’entraîneur a une multitude d’outils qu’il peut utiliser en fonction du moment, de l’individu, de son objectif…. Et souvent il est confronté à des modes ! L’histoire nous apprend que des préparations du début du XXème siècle (souvent dépourvues de fondement scientifique) sont considérées comme inappropriées de leur temps… mais actuellement utilisées et reconnues par le monde scientifique !
Je pense qu’en matière de préparation, il faut savoir garder une certaine distance permettant d’inclure le paramètre humain dans sa globalité (voir ses motivations, ses intérêts, ses appétences…).
Nous sommes aussi dans un sport à catégorie de poids où le travail avec des charges peut provoquer une prise de masse et par incidence obliger l’athlète à s’astreindre à un régime alimentaire qui peut à son tour avoir un impact sur les capacités musculaires…. L’entraineur doit adapter l’ensemble de ses outils en fonctions de l’athlète.

En vulgarisant tes connaissances, que conseillerais tu pour l’été à un pratiquant de sports de combats qui voudrait performer ensuite sur l’ensemble de la saison ? Quelles les bases selon toi d’une planification réussie ?

Je reprends ce que j’ai dit plus haut, l’important pour moi reste l’athlète, son environnement socioprofessionnel et l’objectif à atteindre.
Pour un athlète qui souhaite performer sur un championnat national avec un objectif en Mai /Juin, j’orienterai le sportif vers une pratique synergique voir ludique. Cette activité à double entrée augmentera la capacité de l’athlète sur un domaine précis physiologique (endurance, résistance) en pariant sur ce que l’on appelle les « bénéfices retardés » à plus ou moins 4 mois et vérifiables par test simple.
Je proposerais des pratiques avec un faible pourcentage de risques de blessures et qui pourraient renforcer la relation « entraineur /entrainé », sans pour autant tomber dans un forme de dépendance psychologique, une fois par semaine.
Dans le même temps on pourrait travailler sur de nouveaux apprentissages techniques ou technico tactiques avec un module permettant à l’athlète de s’autonomiser dans ces domaines, 1 à 2 séances semaine.
En 3ème temps une analyse vidéo permettant de faire le lien entre ces préparations et la préparation mentale, qui peut être articulé avec la séance précitée.Comme je l’ai dit, la préparation réussie est une préparation où on inclut l’athlète au centre du cycle, en prenant en compte en priorité les éléments impondérables : « Qui il est ? Ce qu’il veut ? Sa disponibilité ? Son activité professionnelle ? »
Ensuite on peut appliquer une recette quasi toute faite si on peut garder à l’esprit que l’on ne maitrise jamais tous les paramètres et que par conséquence une préparation physique idéale peut être un coup de chance ou utopique, mais ce qui est sûr c’est qu’elle produit de la performance ! Retenons qu’une bonne préparation prévoit de combler les points faibles et d’améliorer les points forts mais surtout de permettre diverses prises de conscience à l’athlète.
Enfin, la préparation mentale reste un point important. Dans une préparation globale on pourrait rapidement oublier l’enjeu et la mise en danger de son intégrité physique : je pense sincèrement que nous sommes loin des prémices d’une compréhension globale des paramètres cognitifs et associés. Et souvent par ignorance ou par méconnaissance, on a tendance à délaisser cette préparation spécifique.

raph chapelle , margot bouyjou

raph chapelle , margot bouyjou

La préparation mentale semble être le parent pauvre du coaching sportif, peux-tu nous en parler ?

En tant que praticien en « méthode énergétique globale du corps » j’ai été interpellé par des athlètes qui souhaitaient soit mieux se connaitre soit travailler sur la maitrise de leurs émotions. J’ai donc dépassé le cadre des sports de combats et même du sport. Ce paramètre interpelle aussi le monde de l’entreprise et de l’enseignement.
Comme je le soulignais, ce n’est pas un parent pauvre mais un parent peu connu ou méconnue. On pourrait citer un nombre considérable de personne qui suite à une incapacité ont développé des adaptations physiologiques… Cela est riche d’enseignements, et on voit là que la préparation mentale peut servir, puisque c’est bien ta question !
Comme je la propose ce n’est pas seulement une recette applicable à tous, c’est avant tout un moyen de se connaitre, d’admettre ensuite puis on travaille sur le fond en « alignant » le physique et le mental. Les émotions (la peur, la confiance…) peuvent être soit motrice soit inhibitrice.
L’esprit peut quant à lui être le réservoir d’une incroyable source de compétences souvent ignorées. En débloquant les verrous inhérents aux blocages émotionnels , on pourrait réellement optimiser une préparation physique.
Une des problématiques de la préparation mentale réside dans le fait même que l’on associe cela soit avec une faiblesse humaine soit à du mysticisme… Beaucoup de préparation mentale font référence à la médecine chinoise ou à la philosophie de vie et cela n’est pas malheureusement quantifiable en terme de « bénéfices », les uns attendent un « miracle » les autres s’interrogent sur une pratique « placebo ».
Ce qui est observable c’est que depuis peu le haut niveau y a recours et que même sans test, il est vérifiable que la préparation mentale semble produire de la performance.

En lien avec le thème précédent, quels sont les entraineurs qui ont marqué ton parcours ? Ceux qui ont nourri tes réflexions sur le sport ?

Yves Vincent qui restera le premier entraineur, celui que l’on a l’impression de tromper quand on va dans un autre club, qui dépasse le cadre de la salle et que l’on consulte pour des affaires privées. Avec ceux là, la relation développée et de l’ordre de la symbiose, sans pour autant tomber dans la dépendance affective. Celui sans qui rien n’aurait commencé et qui est à l’origine de tout, un membre de la famille par reconnaissance ou comme le décrivent les plus spirituels un esprit frère.
Marc Bregere, qui m’a marqué par sa simplicité d’enseignement, son implication et une incroyable humanité. Un entraineur qui pour moi avait bien15 ans d’avance sur la globalité de l’enseignement de la performance.
Franco Di Guglielmo : il a la capacité à visualiser l’athlète en terme de performance, à déterminer une adaptation de son enseignement dans ses moindres détails, toujours à l’écoute toujours disponible et d’une incroyable précision, avec une grande pugnacité.
Je mentirais si j en ‘ajoutais pas que j’ai été marqué par l’encadrement fédéral et plus précisément de l’équipe de France Assaut, ainsi que par ma rencontre avec Pascale SONCOURT.

En ce qui concerne ce professeur passionné, il paraissait utile de finir avec le point de vue d’un élève !
Merci à Yoann PIGE (Quintuple champion de France Militaire, Champion D’Europe et Champion de France Technique 2013 et membre de l’équipe de France) qui a écrit quelques lignes à propos de son coach : « Raphael te demande avant tout de réfléchir. Il te donne des clefs, et il t’apprend à t’en servir : pour lui, un bon boxeur c’est celui qui s’adapte à ses adversaire et qui un jour peut boxer sans son coach. L’avoir dans son coin, ce n’est pas de tout repos mais il a un oeil qui vaut de l’or. Ce qui me parait marquant, c’est qu’il met à la même enseigne tous ses élèves, coach avec le même intérêt un cadet en assaut ou une finale internationale : il s’adapte à chaque fois à son élève.
Il met aussi l’ambiance en compétition, avec lui c’est de grand moment. de rires en dehors des gymnases mais beaucoup de professionnalisme dès que l’on en passe la porte. Mon plus beau souvenir avec lui reste ma finale des Championnats d’Europe en Bulgarie en 2013, un adversaire compliqué et un titre à l’issue, une récompense pour moi mais aussi pour lui car c’est clairement un travail d’équipe que nous avons mené. Je ne peux plus m’entrainer avec lui car j’ai du déménager sur Paris pour le travail mais je le remercie pour le parcours fait ensemble. Je ne dois pas être le seul à penser cela de lui car en équipe de France, tous les entraîneurs sont bons mais quand il y a des leçons individuelles, on a intérêt à faire la queue car les boxeurs aiment passer entre ses paos ! »

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Villejuif Boxing Show : Pascal Arène sait ce qu’il veut !

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C’est un homme passionné qui propose le Villejuif Boxing Show le 15 mars à venir. Pascal a la passion du ring et des boxeurs à tel point qu’il fait de son engagement un vrai sacerdoce. Représentant de la WMC en France, il n’en oublie pas son rôle de coach et celui de promoteur. Malgré un emploi du temps chargé à souhait et à quelques jours de la soirée, il a répondu à nos questions dans une entrevue exceptionnelle.

Pascal Arène et Xavier Lafaye (arbitre international WMC)

Comment ça va ? Ca va bien Jérôme, très bien.

Où en es-tu à quelques jours du Villejuif Boxing Show ?  On est en plein boulot, c’est la dernière ligne droite, les derniers réglages, entre l’organisation et la fin de préparation de nos boxeurs.

Le main event est le jubilé de Bakari Tounkara face à Karim Benmansour. Quelle est ton histoire avec « Bak » ?  Tout d’abord, je tiens a remercier Karim d’avoir accepté ce combat, c’est toujours difficile pour un entraîneur qui est a la fois le promoteur d’un gala de préparer la fightcard et encore plus quand il s’agit du dernier combat de son premier grand champion.
Mais avec la belle et longue carrière de Bakari, je ne pouvais pas présenter au public un combat contre un faire valoir, il fallait un champion, un champion avec des valeurs. Karim correspondait a ce que je recherchais et il était disponible.
Ils se sont déjà rencontrés tous les deux, c’était un très beau combat, je suis certain que cette revanche et donc ce jubilé sera sensationnel.
Bakari est avec moi depuis qu’il fait des combats au KO, aujourd’hui son palmarès affiche 115 fights, cela fait plus de 20 ans !
On s’est construit ensemble, lui en tant qu’athlète moi en tant que coach ! Bakari a boxé sur les plus grands plateaux Français, les Bercy de l’époque du grand Canal+ et de Samy Kebchi, les TK2 de Aix… et voyagé dans de très nombreux pays et pris
des titres, des ceintures, des médailles, jusqu’au SportGames à Pékin. On a gagné, on a perdu mais on s’est toujours régalé. On a pris du plaisir et c’est cela le plus important comme ce magnifique gala Ile-Maurice Vs France avec Johnny Halliday en parrain de la soirée avec nous dans les vestiaires !

C’est un événement où dans tous les combats il y aura un boxeur de ta team, l’Academies des Boxes de Villejuif. Ca te tenait à coeur de promouvoir les membres de ton club ? C’est clair, nous avons une grosse team, mais il nous manquait notre gala, chez nous a Villejuif. Je tiens a remercier Monsieur Le Bohellec Maire de notre commune pour son engagement à notre côté, sans son appui le VBS n’aurait pas vu le jour.
Je remercie également nos deux élus aux sports et les Services de la Jeunesse et des Sports et de la Communication pour l’énorme travail et soutien qu’ils nous ont apporté depuis le début de l’organisation de ce grand gala International.

Quelle relation il y a entre toi et les membres de ta team ? C’est un lien fort essentiel dans ton fonctionnement ? Nous avons une relation forte entre entraîneurs et boxeurs, pour moi je dirais même qu’elle est essentielle.
Avec l’ensemble du staff de l’Académie, messieurs Sidy Koné, Laurent Lutz, Samake Tomboron, Florent Guilon, Mamadou Diambang et Flavien Granet nous veillons à conserver cet état d’esprit. Nous sommes un club formateur, une famille d’ailleurs après le départ de notre président historique Francis Hamdaoui, c’est son neveu Jeremy qui a pris la présidence.
Les Berthely, Reine, Kébir, Saoudi pour ne citer qu’eux ont étés formé chez nous et sont encore là, des années et des années après…c’est cela notre force. C’est aussi ce que nous voulons transmettre. Nos coachs aussi sont d’anciens compétiteurs de notre team, ils ont choisis de rester, de passer leurs diplômes et de continuer le boulot.

Tu restes néanmoins un coach exigeant. C’est une qualité fondamentale pour amener des boxeurs au plus haut niveau ? Oui l’exigence et la discipline, sans ces 2 éléments tu ne peux pas avoir de très bons résultats, c’est même impossible. La boxe demande beaucoup, de sacrifices, du temps, de la souffrance mais au bout c’est tellement beau que cela mérite de les faire, mais il faut avoir faim !

Quel est le rôle le plus dur : coach ou promoteur ? Promoteur tu montes un plateau, une organisation, tu as une date, un objectif, tu bosses dessus et une fois que c’est fait tu souffles.
Coach c’est un engagement, tu as des boxeurs à faire évoluer qui ont confiance en toi, tu les accompagne dans leurs choix, dans un moment de leur vie plus ou moins long mais pendant cette durée tu vies avec eux. Tu les vois plus que ta famille et eux la leur ! C’est autre chose…

Quel est ton but avec le Villejuif Boxing Show ?  Mon but avec le Villejuif Boxing Show est de donner à nos boxeurs un gala à la hauteur de leur team, de notre Académie et de permettre comme le souhaitait également Monsieur Le Maire aux Villejuifois de voir leurs champions boxer à domicile.

Quelques mots pour finir ? Pour terminer Jérôme, je tiens a remercier ceux qui ont toujours étés à nos cotés, et j’ai une pensée pour ceux qui ne sont plus là. Merci à l’ensemble de nos partenaires et je vous donne rendez-vous le 15 mars. Nous sommes déjà à guichet fermé mais pour ceux qui ne peuvent assister à notre gala Canal+ notre diffuseur proposera un premier passage le mercredi 20 mars.

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Matthias « The Fire » Riccio

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Par Luxo . Crédit photo : Facebook de Matthias Riccio avec son aimable autorisation 

Pionnier du MMA français, enseignant, compétiteur dans l’âme et toujours prêt pour un défi sportif, sa parole fait autorité car il transpire sur les tatamis et les rings du Sud-Ouest depuis plus de 20 ans… et n’est pas prêt de s’arrêter.
Fort de sa gouaille, de son verbe haut mais surtout de sa posture d’expert du combat sous toutes ses formes, Matthias se prête pour fightinfos.com au jeu de l’interview, après un titre mondial en Jiu Jitsu aux côtés de son coach et compère Thomas Loubersanes.

Salut Matthias ! L’interview publiée en 2017 te donnait la parole sur des thèmes divers, ton parcours et celui de ton frère Damien, ta vie de coach et ton point de vue sur les sports de combats en France … Alors, quoi de neuf en cette fin 2018 ? Pour un homme qui comme moi rajeunit à vue d’œil, tout est neuf !
Depuis le gala-hommage à mon frère Damien, en Avril 2017, j’ai opéré un léger « délestage » de quatorze kilos… Durant cet évènement hautement symbolique, j’avais repris un kata qui m’avait valu un titre de champion de France de Karaté par le passé, ma sœur l’ayant appris aussi, nous avions traversé cela avec nos valeurs martiales, en famille.
J’avais par contre remis les gants « au talent » et avec tout le respect dû à mon partenaire ce soir là, j’avais boxé sur mes acquis…. tout en ayant peut être conscience d’un chemin restant à mener pour retrouver ce que je suis aujourd’hui.
Après, sur le plan personnel ou en terme de résilience, il y a eu du bon et aussi du mauvais, ce gala a consacré mon besoin viscéral d’échéances pour me prendre en main.
J’ai par le passé stoppé ma carrière à 27 ans et aussi étonnant que cela soit pour les non initiés au combat, j’avais en moi l’idée qu’à 40 ans, mon lien avec la situation d’opposition n’était pas fini !

Quelle forme cela a-t-il pris, concrètement ? Par des choses peu connues ici mais qui m’attirent, au Pérou et dans un voyage axé sur le chamanisme. Ce voyage a clôturé une période de deuil très dure, un cap à passer par rapport à l’évolution de la relation avec mon frère, dont la présence dans tout ce que je fais est une évidence.

Quelles conséquences au retour en France ? Des changements majeurs comme l’arrêt du travail de nuit par exemple et la mise en œuvre de projets divers, liés au sport sous toutes ses formes en tant qu’enseignant de Kick Boxing/ K.1 ou MMA. Parallèlement, en tant que pratiquant, je suis au cœur d’une étape de vie pressentie mais inespérée : mon retour en compétition en Jujitsu brésilien, où je redeviens « élève », en quelque sorte.

En quoi cela est-il possible et pourquoi à Toulouse ? Du fait d’une belle connexion humaine et sportive avec Thomas Loubersanes, un coach et pratiquant de haut niveau qui me malmène sur les tatamis et qui à 38 ans défie les plus jeunes en toutes catégories (et leur met des branlées d’ailleurs !).
Ce garçon m’a mis sur les rails d’un projet compétitif, en l’occurrence le championnat d’Europe de JJB à ROME en Avril 2018, en me poussant vers le haut et en constituant une belle équipe autour de lui et de son maître de Luta Livre (Roberto Leitao, légende vivante de ce sport au Brésil).
Ce dernier était présent suite à l’invitation de ses élèves français et retrouver la compétition dans ce cadre était parfait, sous le regard de Thomas qui m’a très bien coaché. Maître Leitao, du haut de ses 82 ans a insufflé un mental de vainqueur à tous…
Le résultat a dépassé nos espérances avec 19 médailles pour la délégation (essentiellement) toulousaine, et dans mon cas de belles sensations qui donnent envie d’aller plus loin.

Thomas Loubersanes et Matthias Riccio

Peux tu préciser les choses sur les compétitions de ROME puis aux USA il y a peu ? Il faut imaginer d’où je viens et mon style initial, qui valorise l’esprit guerrier et la recherche du KO, initialement…
En JJB, cela marche peu, il faut marquer des points et soumettre, c’est un renouveau complet pour moi que d’approcher un sport aussi tactique et d’admettre que parfois le passage en force ne marchera pas !
A Rome, j’ai entamé le plus mal possible les choses dans ma catégorie (Master 3, Ceinture Violette, de 41 à 44ans, en -97kg), j’ai essuyé une vraie raclée devant le champion d’Europe en titre en voulant passer tout en puissance, en m’échauffant trop… J’ai vraiment subi un déclic, en voyant l’aspect vain en JJB de mon approche, toujours trop liée à mon vécu en MMA ou Kick Boxing.
Suite à cela, Thomas a choisi de m’inscrire en « toutes catégories » et j’ai eu la chance de pouvoir prendre ma revanche contre le même adversaire que j’ai cette fois bien battu. Au tour suivant, contre un italien de 130kg, j’ai aussi vu que j’avais de belles attitudes et de la tonicité à revendre, qui me sera utile très bientôt.
En effet, après trois mois d’entrainement, j’ai su performer à Rome ! Donc, cela a guidé nos pas pour la suite : après une préparation intense en Thailande, nous sommes partis aux USA début Décembre 2018, en Californie pour les mondiaux de l’IBJJF.
Dans ma catégorie (Master 3 / Ceinture Violette), je finis champion du monde. Thomas lui est classé n° 5 mondial dans la catégorie reine (Adulte, Ceinture Noire Poids Lourds), il réalise un authentique exploit. L’objectif est atteint pour nous deux.
Cela nous engage à nous frotter aux meilleurs mondiaux, aussi nous irons en Février 2019 à SAN DIEGO où s’entraîne l’équipe ATOS, classée n° 1 mondiale. C’est là que nous comptons progresser, encore et toujours !
Cela me motive et m’engage même à revenir en MMA en 2019, voilà le scoop que je peux confier, sans entrer dans les détails pour l’instant…

Que retires-tu de ton actualité sportive ? J’y vois du sens sur le plan de la continuité d’une force, sur la nécessité d’effacer ma dette et sur ce que j’ai véhiculé pour ceux qui connaissent les Riccio.
De façon plus globale, pour les fans d’arts martiaux et de sports de combats, je sais que la vérité ne se trouve qu’en se mettant personnellement en question.
Car pour moi comme pour mes élèves, nous sommes notre seul et unique adversaire.
J’établis ainsi lorsque je rencontre les gens dans les salles où j’enseigne une forme de « bilan » initial : comprendre ce dont il a besoin et l’amener à la découverte de lui-même.
Cette formule n’est pas une vue de l’esprit, cela s’éprouve au quotidien, sur vos rings, vos tatami, devant vos sacs de frappe… Et à chacun de définir son exutoire, pour ma part la recherche de KO en était un, à chacun de visualiser sa part.

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