S’il avait su quel succès serait la première édition de la Kick’s Night, Aurélien Cramail aurait peut être signé pour plus de péripéties. Car si la réussite d’un show se mesure au nombre de casse-têtes résolus, le promoteur agathois sait ce qui lui reste à faire pour l’édition 2018. Album photo par Pierre Roussey

Froment a tenu parole

Dans un palais des sports d’Agde, archi-comble, l’événement a été à la hauteur des attentes. Tant pis pour ceux qui n’ont pas souhaité ou n’ont pas pu honorer leur engagement, les « jokers » ont joué leur rôle jusqu’au bout.

Et finalement quel meilleur exemple que la victoire d’Aurélie Froment pour avéré nos écrits. Face à Irina Mazepa, elle est aller la chercher cette ceinture européen ISKA de kick boxing. Dans la douleur, dans la souffrance physique mais surtout avec un mental en béton armé, Froment n’a jamais lâché.

« Mentalement je serai là  » nous avait-elle confié avant le combat. Elle a tenu parole, repoussant ses limites, sortant de sa zone de confort pour obtenir son graal. Cette couronne, elle l’a voulait malgré une semaine post fight compliquée à souhait. Poussé comme jamais par un public uni et donnant de la voix, Aurélie est aller au bout !

Au bout du temps règlementaire car Irina Mazepa n’a jamais voulu lâcher non plus. Pour faire un beau combat, il faut être deux. La russe avait rétabli l’équilibre dans la 3ème et 4ème reprise avant de laisser trop l’initiative dans la 5ème pour pouvoir s’imposer. Irina va fondre en larme après le verdict, ces larmes qui trahissent l’importance pour elle de cette consécration européenne. Et oui, cela existe encore des athlètes motivés par la gagne et rien d’autre.

Au bout d’elle-même car c’est fatiguée, éprouvée, à bout de force que le gong a mis fin à un des combats les plus difficiles qu’elle est eût à mener. Oubliée la semaine alitée, oubliée les soucis de la vie, le temps d’un instant, Froment savoure comme il faut cette consécration dans les bras de son coach, Aurélien Cramail qui a savourera avec retenu le succès de sa protégée à qui il avait imposé un passage obligé par l’étape nationale.

Aurélie Froment est championne d’Europe enfin. Quelques années après avoir été spoliée lors de sa première tentative, elle décroche cette ceinture synonyme néanmoins d’étape. Car la française n’a désormais qu’un seul mot en tête : le Monde !

La drôle de soirée de Gross et Bouis

Giovanni Gross et Matthieu Bouis ont passé une drôle de soirée. Le premier nommé est pourtant sorti victorieux de son combat mais sous les sifflets alors que le second a été spolié d’une victoire qui lui revenait de droit. Giovanni a du composer avec les irrégularités de son solide opposant. Tout en contre, Martin Blanco était parfois limite. Sur un coup coquille, il infligera un down à son adversaire. A sa décharge, l’arbitre qui a compté n’était pas suffisamment bien placé pour pouvoir voir le coup interdit. L’absence de réaction du reste du corps arbitral a été remarquée, encore plus quand même la preuve à l’appui, il est resté sur le déni. Avec deux back-fist, Gross a fait la différence, s’adjugeant la victoire sous les mécontentements d’une partie du public, on se demande bien pourquoi.

Matthieu Bouis avait le retour qu’il fallait, comptant même son adversaire dans la troisième. Gabriele Galasso le félicitait même pour sa prestation où le manque de ring du français s’est parfois fait sentir notamment dans la deuxième. Matthieu avait remporté son combat, du moins le croyait-on puisque le verdict va finalement en faveur de l’italien surpris à souhait. Son coach s’excusera pour la décision mais le mal était fait. La déception de Matthieu a été forte d’autant qu’il avait beaucoup sacrifié pour ce retour. Conscient de ce qui lui reste à accomplir pour retrouver son meilleur niveau, Bouis va devoir digérer ce revers qui n’en est pas un ! Un comble même si l’homme a de la ressource et pourra s’appuyer sur sa team pour rebondir.

Bernadou, Delacher en mode patron

Edouard Bernadou et Gaetan Delacher ont impressionné par leur maîtrise du combat. Opposé respectivement à Kevin Llorens et Hugo Di Martino, les deux hommes ont assumé leur statut livrant presque un match identique dans la gestion puisque Edouard évoluait en K-1 et Gaétan en full contact. Malgré le courage et l’envie de leur adversaire, Bernadou et Delacher ont imposer leur rythme, leur précision et leur efficacité. Infligeant des décomptes en plus de leur expérience, chacun s’est imposé dans sa rencontre, aux points pour Edouard, par jet de l’éponge dans la 4ème pour Gaétan.

Bernadou est plus que jamais revenu avec les moyens de ses ambitions même s’il se disait déçu de sa performance. Gaétan a décliné le full contact avec une gestuelle léchée qui pourrait encore faire les belles heures de la discipline. Les deux hommes ont offert au public agathois, le combat attendu et peut être plus. Indéniablement, cette Kick’s Night sera un vraie tremplin pour la suite de leur carrière.

Ce fût compliqué pour Ahamada et Mocci

Saïd Ahamada et Geoffrey Mocci ont passé une soirée finalement complexe. Au-delà du revers, le déroulement du match n’a jamais été simple respectivement face Nicolae Borislav (Italie) et Maxime Bonamy. Nicolae a offert une boxe atypique qui lui a réussi puisqu’il a infligé deux décomptes à son adversaire. Saïd, joker de dernière minute, n’est pas parvenu a endiguer ce style peu ordinaire mais efficace. Il s’incline aux points sans avoir pu montrer réellement qui il est.

Geoffrey Mocci a lui aussi eût du mal à gérer les déplacements de Maxime Bonamy. Pourtant plus variée technique, Geoffrey n’est pourtant pas parvenu à endiguer le travail en poing de son jeune adversaire qui a trouvé de nombreuses failles avec l’uppercut en contre. Plus à l’aise à mi-distance que son opposant, le pensionnaire de la team Schmitt l’emporte surement pour sa capacité à remiser dans ce qui était son premier combat pro. Il devra varié plus pour la suite même s’il a démontré un beau tempérament.

Quand la jeunesse frappe !

Nicolas Chaussière et Guerric Billet en ont sous le pied. Le travail d’Aurélien Cramail  auprès de Nicolas porte ses fruits. Plus pondéré, plus appliqué dans les gestes, Chaussière a parfaitement géré son match. Face à l’espagnol Andréi Moisa, le français s’est appliqué, suivant les consignes pour finalement s’imposer aux points.

Guerric Billet est un gros frappeur. Face au très entreprenant Alexandre Paris, qui est parti fort, très fort, peut être trop fort en début de match, Billet l’a joué chirurgicale et destructeur. Avec des middles de bûcheron et des frappes des deux mains redoutables, Billet a marqué les esprits. Dans la gestuel comme dans l’attitude, beaucoup de choses chez lui rappelle Yohan Lidon. Si nous lui souhaitons la ême carrière, il s’est mis sur la bonne voie en s’imposant aux points lui aussi.