Acteur majeur d’un club pieds-poings de la région parisienne, Aissa Terchi s’est lancé dans le grand bain de la politique. Candidat de la France Insoumise, Aissa mène campagne avec la même passion que celle qu’il affiche pour le ring. A quelques heures du premier tout des élections législatives, il a accepté de faire avec nous le parallèle de ce qu’il a connu avec les sports pugilistiques et de ce qu’il vit actuellement dans ses aspirations à représenter le peuple.

Comment ça va ?

Très bien merci.

Pourquoi la politique ?

J’ai pris conscience assez jeune que, face aux inégalités sociales et aux discriminations, c’était politiquement qu’on pouvait changer les choses. A l’époque, les jeunes des quartiers étaient stigmatisés par le gouvernement. Mon engagement sert à montrer, d’une certaine façon, que la politique n’est pas réservée qu’à une élite. Nos quartiers populaires ne sont pas des déserts : il s’y passe des choses positives avec le tissu associatif qui fait un travail remarquable sur le terrain, avec tous ces clubs de sport, et notamment de boxe de manière générale. C’est aussi des lieux de résistance, et de solidarité, il y a de l’entraide. Les citoyenn-e-s doivent s’emparer des choses qui les concernent.

Quelles sont les similitudes avec le ring ?

Les similitudes sont nombreuses, mais il y en a une qui est essentielle : c’est la détermination. Lorsque l’on monte sur le ring, il faut être prêt et déterminé. En politique il faut aussi être prêt, la condition physique est primordiale, il faut tenir la cadence d’une campagne électorale !

Quel est ton rôle le plus difficile : celui que tu tiens en pieds-poings ou celui de candidat aux législatives ?

Je dirais que les deux sont difficiles, d’un côté l’exigence de préparer des combattant-e-s pour être prêt le jour du combat, emmener un athlète jusqu’au bout de son objectif que cela soit pour un amateur ou pour un professionnel, cela demande une rigueur et un suivi au quotidien.
Être candidat à une élection ça nécessite énormément d’investissement, entre le côté administratif, dépôt de candidature, matériel de campagne, et la campagne en elle-même cela demande une bonne organisation, il y a beaucoup de choses à gérer, c’est toute une équipe qui se met en place. Alors au final, je dirais que selon moi, les difficultés sont différentes, mais la charge d’investissement est identique.

Que t’apporte la boxe dans ta campagne ?

La boxe m’apporte énormément, tout d’abord la sérénité, savoir canaliser son stress, une capacité d’analyse et une lecture de la situation, un peu comme sur le ring savoir visualiser le bon moment pour passer à l’offensive. Mais ce que la boxe m’apporte le plus c’est la détermination, cette force de ne rien lâcher, de tout donner malgré les épreuves.

Où prends-tu le plus de coups bas ?

Oh, sans hésitation en politique, malheureusement la déontologie n’est pas toujours respecter, les coups bas sont présents. A l’inverse de la boxe il y a un arbitre pour veiller au bon déroulement du combat, et puis après un match même très disputé les deux boxeuses ou boxeurs se prennent dans les bras la fin de la rencontre, en politique ce n’est pas le cas, même s’il y a aussi des adversaires respectueux et heureusement.

Si tu deviens député est-ce que ce sera Ta ceinture de champion ?

Je ne la comparerais pas à une ceinture de champion, même si la victoire à une élection peut donner un sentiment similaire de satisfaction. Mais si je deviens député, mon plus grand bonheur sera d’améliorer la vie des gens, de répondre à l’urgence démocratique, sociale et écologique de notre pays, et résister face aux injustices.

Que peut-on te souhaiter ?

Que revienne les jours heureux et le goût du bonheur !